Le derby de la Côte d’Azur, Claude Puel le connaît comme sa poche. Formé à l’AS Monaco, il a été élevé au cœur de la rivalité entre les voisins. Joueur d’un seul club, celui de la Diagonale (1979-96), puis entraîneur de l’ASM (1999-2001), le Castrais est également passé par le banc du Gym (2012-16). Observateur avisé du derby de demain, Puel reste aussi nostalgique du temps où les deux effectifs présentaient des ‘‘vrais’’ Niçois et Monégasques de chaque côté.
Ce que représente un Nice-Monaco
« Coach ou joueur, il n’y a pas besoin de discours mobilisateur pour un derby. La motivation vient seule, on doit simplement étudier le comportement des joueurs, faire baisser la tension avant le match. La notion de derby s’exprime vraiment quand les deux équipes sont proches l’une de l’autre. Ce qui sera le cas dimanche. Mais les derbys actuels sont quand même un peu particuliers, fabriqués. Peu d’éléments de part et d’autre sortent du centre de formation. A notre époque, il y avait quand même des joueurs qui entretenaient la flamme, le sentiment d’appartenance était beaucoup plus important. C’est plus un derby de circonstances, sauf chez les supporters. »
Un souvenir
« J’avais 16 ans. J’étais au centre de l’ASM, on vivait des derbies extraordinaires à Monaco comme à Nice. En 1977-78, c’étaient les deux matchs de l’année qu’il ne fallait pas rater. Avec deux équipes magnifiques, super techniques, avec du caractère et une qualité de jeu extraordinaires. Il y avait Bjekovic, Huck, Jouve, Guillou, Katalinski, Baratelli d’un côté, Onnis, Dalger, Petit, Nogues, Moizan, Gardon, Vitalis, Correa, Ettori de l’autre. Les derbys étaient enlevés, Onnis et Bjeko remportaient les palmes. »
La saison du Gym
« En début de saison, on aurait été surpris de voir Nice 2e. Mais vu le cheminement et la trajectoire, on ne l’est plus. Cette équipe a trouvé son style de jeu, quel que soit le schéma tactique ou les joueurs. Farioli voulait imposer un jeu de possession haut mais il a été par la suite très pragmatique et s’est adapté à l’effectif qu’il avait. Petit à petit, l’équipe a trouvé son équilibre avec un bloc assez bas pour favoriser la transition, là où les offensifs sont plus à l’aise. On sent les Niçois sûrs de leur jeu, ils ont des bases solides. »
La saison de l’ASM
« Le début de saison était intéressant avec un certain équilibre entre défense et attaque. La qualité dans le jeu et les situations nombreuses offensivement leur permettaient de signer des scores fleuves malgré les buts encaissés. Mais c’est dangereux à un moment donné, on ne peut pas toujours être performant offensivement. Et quand on n’arrive plus à faire la bascule, la confiance est en berne. C’est ce qui les touche aujourd’hui, avec en prime cette élimination en Coupe de France qui fait mal. »
Le derby de dimanche
« Monaco a le plus à perdre. Même si avec la notion de derby, on ne peut jamais prévoir ce qu’il va se passer, Nice se présente en bien meilleure posture. Cette équipe est pleine de confiance, elle peut enfoncer le clou en cas de victoire. Monaco doit pour sa part montrer un esprit de révolte. Les derniers résultats confortent Nice, l’opposition de styles aussi. C’est plus facile d’avoir des sécurités défensives, d’attendre l’adversaire pour le piquer plutôt que de faire le jeu, sortir et s’exposer avec de l’espace dans le dos de la défense. »
Le classement final
« L’OGC Nice est plus armé pour le podium. Cette équipe a beaucoup plus de sécurité et de forces dans sa façon d’appréhender le jeu, face à un Monaco en perte de vitesse et de confiance. Il y a une véritable base à Nice. Quand vous avez un trio Dante-Todibo-Bulka, l’assise défensive est très importante. Si Monaco l’avait, on rediscuterait du problème. »
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