L’Union européenne entend imposer les mêmes sanctions à la junte qui a pris le pouvoir au Niger il y a plusieurs semaines que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a confirmé le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, à Tolède, en Espagne, mercredi (30 août).
« Nous allons suivre, en essayant de mettre en œuvre les mêmes types de sanctions que celles que [la CEDEAO] a décidées », a-t-il indiqué à la presse après une réunion des ministres de la Défense de l’Union à Tolède.
La CEDEAO et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont introduit des sanctions financières à l’encontre des putschistes qui ont renversé en juillet le gouvernement du président Mohamed Bazoum, démocratiquement élu en 2021.
Ces sanctions comprennent la suspension des transactions financières et le gel des avoirs. Les membres de la garde présidentielle responsables du coup d’État ont été interdits de voyage.
S’exprimant à Tolède, M. Borrell a déclaré qu’il avait proposé aux ministres un nouveau cadre législatif qui permettrait à l’UE d’imposer ses propres sanctions aux auteurs du coup d’État.
« C’est à la CEDEAO de prendre des décisions pour contrer ce coup d’État militaire et nous suivrons, en essayant d’appliquer le même type de sanctions que celles qu’elle a décidées », a déclaré M. Borrell.
« Nous avançons vers un régime de sanctions autonome pour prendre des mesures contre les putschistes : les travaux ont déjà commencé et demain [jeudi] les ministres des Affaires étrangères avanceront sur ce point », a-t-il poursuivi.
Les premiers travaux sur le nouveau cadre avaient débuté lorsque les États membres de l’UE avaient exprimé leur soutien à des mesures restrictives au début du mois d’août, comme l’avait alors rapporté Reuters.
Selon plusieurs diplomates de l’Union, cette étape montrerait que l’« UE est prête à réagir », même si le cadre reste pour l’instant vide et que des noms peuvent y être ajoutés si nécessaire.
Intervention militaire
Souvent considéré comme le dernier bastion de la démocratie au Sahel, le Niger est devenu le dernier pays de la région à tomber entre les mains d’une junte militaire lorsque le coup d’État est survenu en juillet.
Interrogé par les journalistes sur un éventuel financement par l’UE d’une intervention militaire de réserve de la CEDEAO, Josep Borrell n’a pas écarté cette possibilité.
« Nous sommes prêts à étudier toute proposition », a-t-il déclaré.
Le président de la CEDEAO et le ministre nigérien des Affaires étrangères se sont joints aux ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne lors de leur réunion mercredi à Tolède.
Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’UE devaient discuter cette semaine d’une stratégie pour répondre à la situation au Niger et réévaluer l’approche de l’Union à l’égard de la région du Sahel, selon une note interne consultée par EURACTIV.
Les malheurs d’une région
Les discussions ont cependant été ébranlées mercredi lorsque de hauts responsables militaires du Gabon ont pris le pouvoir dans le pays d’Afrique centrale afin d’annuler les résultats des récentes élections présidentielles.
Le Gabon et le Niger succèdent au Burkina Faso, à la Guinée, au Mali et au Tchad : les régimes de ces pays ont tous été renversés par des coups d’État militaires au cours de ces dernières années.
« Il est clair que le coup d’État au Niger ouvre une nouvelle ère d’instabilité dans une région déjà très fragile », a déclaré M. Borrell.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devaient également discuter de l’approche de l’Union à l’égard de l’ensemble de la région du Sahel.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]
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