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En Haïti, les habitants continuent de fuir leurs quartiers en ce mois de février. « 2 686 personnes ont été contraintes de se déplacer à Carrefour-Feuilles, Cité Soleil et Tabarre avec les attaques de gangs armés entre les 5 et 11 février », rapporte Alterpresse. Les chiffres sont ceux de l’Organisation internationale pour les migrations, l’OIM. La grande majorité des déplacés sont réfugiés dans des familles d’accueil. Une centaine sont venues peupler la place Clercine à Tabarre, déjà un refuge pour 480 personnes fuyant les violences. D’autres « se sont réfugiées dans un site nouvellement crée dans l’École Ramoth de Marin à Croix-des-Bouquets », rapporte le journal. La plupart, rappelle l’OIM cité par Alterpresse, sont des femmes et des enfants.
« Indifférence » de la communauté internationale
Présent au siège de l’ONU à New York hier, le président de la République dominicaine Luis Abinader a demandé à nouveau à la communauté internationale d’agir en finançant la force internationale qui tarde à être déployée en Haïti. Il faut passer des promesses aux actes pour « sauver » Haïti qui « est au bord de la guerre civile » a encore alerté le chef de l’État voisin, cité dans le quotidien dominicain Diario Libre.
Le média en ligne haïtien Rezonodwes est surpris d’entendre Luis Abinader évoquer Haïti sans parler du vide institutionnel, « comme si le Dr Ariel Henry était encore un Premier ministre constitutionnel ou un élu »,ironise le média. La crise de légitimité que connaît le pays n’était en effet pas au cœur du discours du président dominicain. Le journal Diario Libre de son côté revient sur le ton critique de sa prise de parole. Au fond, « Abinader reproche à la communauté internationale et ses représentants à l’ONU leur indifférence face à la situation » sécuritaire et sociale en Haïti,« situation qui ne fait qu’empirer », insiste le quotidien dominicain.
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Impeachment d’un ministre, une manœuvre rare
Aux États-Unis, c’est une première depuis plus d’un siècle, un ministre est inculpé par la Chambre des représentants. Le ministre en question, c’est Alejandro Mayorkas, chargé de l’immigration. À la manœuvre, le parti républicain qui veut faire de la question migratoire un thème central de la campagne électorale. « Il est rare, rappelle The Hill, que des représentants s’en prennent à un ministre en exercice ».
Certains experts doutent même qu’il y ait en l’occurrence matière à le faire. « Les républicains accusent Mayorkas d’avoir délibérément et systématiquement outrepassé la loi en ne détenant pas suffisamment de migrants illégaux », souligne The Hill. « Mais aucune administration n’a jamais enfermé tous les migrants », rappellent des juristes cités par le média en ligne. Si les charges sont jugées recevables et qu’un procès se tient au Sénat, c’est alors l’équilibre des forces politiques qui fera son œuvre. Le New York Times rappelle qu’il faut une majorité des deux tiers à la Chambre haute pour condamner le ministre. Les « démocrates contrôlent 48 sièges et peuvent compter sur leurs alliés indépendants » pour siffler la fin de la partie, souligne le quotidien.
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Immigration et avortement, thèmes de campagne phares
Pendant ce temps, à la Chambre des représentants, les démocrates viennent de remporter un siège supplémentaire, celui laissé vacant par le républicain « menteur récidiviste » George Santos. Les électeurs du troisième district ont adoubé Tom Suozzi contre la Républicaine Mazi Philip. Et « bien que l’élection puisse sembler être une simple course locale, tout le pays a suivi de près cette circonscription de la région de Long Island », estime USA Today. Car avec cette victoire de Tom Suozzi, les républicains auront moins de marge de manœuvre à la Chambre des représentants : 219 contre 213 pour les démocrates. « Cela veut dire, poursuit le quotidien, que les républicains ne pourront pas se permettre plus de deux défections dans leurs rangs pour faire passer des textes sans le soutien démocrate ».
L’un des thèmes phare de cette campagne pour le siège de George Santos était l’immigration, rappelle le Washington Post. En cette année électorale majeure, cela démontre d’après le journal, la capacité du camp démocrate à mobiliser sa base et à capitaliser sur la colère qu’inspirent les républicains. Des millions de dollars ont été investis pour communiquer sur l’incapacité des républicains à voter l’accord sur l’immigration au Congrès ou encore sur les restrictions à l’avortement, thème très mobilisateur, souligne le Washington Post.
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