Ils n’ont pas promis un miracle, mais le lancement d’« opérations ambitieuses et réalistes ». Le 9 février 2024, le gouvernement monégasque a rendu public son plan pour la mobilité. Alors que beaucoup de Monégasques et de résidents se plaignent des bouchons qui paralysent parfois matin et soir la principauté, la conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme, Céline Caron-Dagioni, a donné des chiffres qui viennent démentir ce ressenti. Depuis 2010, entre 103 000 et 107 000 entrées et sorties journalières de véhicules à l’année étaient enregistrées à Monaco. Pour 2023, ce chiffre serait retombé à 98 392 passages. Pour expliquer ce décalage, le report de la circulation vers l’entrée Ouest de la principauté a été pointé par la conseillère-ministre, ainsi qu’un tunnel descendant « qui a trouvé son public », a-t-elle avancé : « Cela donne le sentiment qu’il y a encore plus de monde sur les routes qu’avant. Aujourd’hui, la mobilité est une question de maillage, de complémentarité des solutions, en fonction des usages, des cibles, et des populations. » Le plan mobilité avancé par le ministre d’Etat, Pierre Dartout, et son gouvernement, n’est pas un plan de rupture, et encore moins un plan révolutionnaire. Il mise sur des solutions que l’on connaît déjà, pour la plupart : réseau SNCF, parkings de dissuasion, lignes de bus, future trémie de Cap d’Ail… Certains projets s’annoncent complexes, notamment le parking de dissuasion de 3 000 places à la Brasca ou la trémie de Cap d’Ail, car ils nécessitent une collaboration et des accords avec la France, ce qui pourrait se solder par des durées de chantiers à rallonge. Après avoir pu échanger avec Clément Beaune en compagnie de Céline Caron-Dagioni il y a quelques mois, Pierre Dartout va désormais poursuivre les discussions avec le nouveau ministre des transports français, Patrice Vergriete. En parallèle, il faudra identifier un nouveau lieu de stockage pour le matériel nécessaire à l’organisation du Grand Prix de Monaco, qui est entreposé à la Brasca. En revanche, les projets de métro entre Nice et Monaco, tout comme la navette maritime Nice-Monaco-Menton, semblent avoir été mis de côté. Le premier pour des raisons budgétaires et écologiques, le second, parce que la balle est désormais dans le camp de la métropole Nice Côte d’Azur. Or, après plusieurs appels d’offres infructueux, ce dossier peine à se concrétiser. À l’extérieur de la principauté, la volonté de loger les salariés qui travaillent à Monaco en périphérie est une idée que le gouvernement continue de porter. Ainsi, à Roquebrune-Cap-Martin, dans la ZAC dite « cœur de Carnolès », Monaco devrait acheter au moins 90 logements et 130 places de parking, ce qui reste une goutte d’eau par rapport aux plus de 60 500 personnes qui travaillent en principauté. En principauté, si les bus de la Compagnie des autobus de Monaco (CAM) vont expérimenter des lignes « express » qui marqueront moins d’arrêt entre leur point de départ et d’arrivée, la gratuité qui est demandée par les élus du Conseil national depuis décembre 2019 [à ce sujet, lire notre article Les élus réclament des bus gratuits en test dans tout Monaco, publié dans Monaco Hebdo n° 1133 — NDLR], semble définitivement abandonnée par le gouvernement. Un plan mobilité sans révolution donc, et une réaction des élus du Conseil national qui ne devrait pas se faire attendre.
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