Le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, s’est engagé, vendredi 16 février, à organiser la présidentielle « dans les meilleurs délais », après le veto mis la veille par le Conseil constitutionnel à sa décision de reporter l’élection initialement prévue le 25 février au 15 décembre 2024.
M. Sall « entend faire pleinement exécuter la décision du Conseil » et « mènera sans tarder les consultations nécessaires pour l’organisation de l’élection présidentielle », ont dit ses services dans un communiqué.
Un peu plus tôt, l’Union européenne (UE) a appelé, vendredi, « toutes les parties à respecter [cette] décision et à mettre tout en œuvre pour organiser les élections selon la décision du Conseil ». Nabila Massrali, porte-parole du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a ajouté que les Vingt-Sept dénoncent « un recours inutile et disproportionné à la force contre les manifestations et des restrictions de l’espace civique ». Elle a également rappelé que l’UE avait déjà exprimé ses préoccupations à propos de l’annonce du report au 15 décembre du scrutin présidentiel. Cette « décision de report a eu un impact conséquent sur la stabilité et la cohésion sociale du pays », a souligné la porte-parole lors d’un point presse.
De son côté, la France a elle aussi appelé vendredi les autorités du Sénégal à respecter la décision du Conseil constitutionnel « dans son entièreté, et à organiser les élections dans les meilleurs délais », a fait savoir dans un communiqué le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay. « La France encourage tous les acteurs sénégalais à travailler à l’apaisement du climat politique, conformément à la longue tradition démocratique du Sénégal », est-il ajouté.
Plus de 130 détenus libérés
Cent trente-quatre membres de l’opposition et de la société civile qui étaient détenus au Sénégal ont été libérés depuis jeudi. Quatre-vingt-dix autres devaient l’être dans la journée de vendredi, selon les chiffres du ministère de la justice transmis à l’Agence France-Presse (AFP).
Souleymane Djim, membre du Collectif des familles de détenus politiques, a affirmé que « 156 détenus ont été libérés » jeudi « et 500 au total doivent l’être » prochainement. « La pression internationale fait que le président Macky Sall ordonne des libérations », a-t-il déclaré.
L’une des principales figures de l’opposition, Ousmane Sonko, mais aussi son second à la tête du parti Pastef – dissout –, Bassirou Diomaye Faye, l’un des favoris à la présidentielle, sont détenus depuis 2023. Aucune information ne fait état pour l’heure de leur éventuelle libération.
Une marche de l’opposition autorisée samedi
Après la décision du Conseil constitutionnel qui acte l’impossibilité de tenir le scrutin le 25 février, l’opposition et la société civile ont crié au « coup d’Etat constitutionnel », et appelé à manifester. Des heurts ont fait trois morts, jeudi, lors de rassemblements réprimés ayant aussi donné lieu à des dizaines d’interpellations. Des décès « déplorés » par l’UE, tout comme « le grand nombre de blessés et d’arrestations », a déclaré Mme Massrali.
« Comme les Nations unies, l’UE demande des enquêtes et dénonce un recours inutile et disproportionné à la force contre les manifestations et des restrictions de l’espace civique. Nous appelons donc à ce que toute la lumière soit faite sur les conditions de décès de ces personnes et les autorités à garantir les libertés fondamentales, dont la liberté de manifester pacifiquement », a-t-elle conclu.
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De nouveaux appels à manifester ont été lancés pour vendredi après-midi et samedi. Une marche silencieuse d’opposants prévue samedi à Dakar a été autorisée, contrairement à toutes celles des dernières semaines, a annoncé à l’AFP Elimane Kane, du collectif de la société civile Aar Sunu Election (« Protégeons notre élection ») qui l’organise.
L’opposition soupçonne Macky Sall, qui ne peut briguer un troisième mandat, de vouloir se maintenir au pouvoir. Le chef de l’Etat, lui, assure avoir seulement voulu reporter le scrutin par la crainte d’une contestation du résultat susceptible de provoquer de nouveaux accès de violence, après ceux de 2021 et 2023.
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