Course de montgolfières : la Coupe prince Albert II s’envolera prochainement

D’ici fin avril 2024, une dizaine de montgolfières s’élanceront depuis Monaco, à la poursuite d’un autre ballon, en direction de l’Italie. Leur particularité ? Une fabrication plus écologique qu’une montgolfière traditionnelle, et l’utilisation d’un bio-propane, en lieu et place du propane classique. « Cet événement va permettre à Monaco d’occuper une place incontournable dans l’univers de l’aéronautique écologique », assure Alain Cruteanschii, président des Aéronautes de Monaco. Explications.

Il sera bientôt temps de scruter le ciel monégasque. Non pas parce que la belle saison approche — quoique —, mais parce qu’une course originale va prochainement débuter : la coupe prince Albert II, une épreuve de montgolfières. Le principe ? Une course-poursuite, dont la cible sera le ballon Monaco, lequel décollera en premier de la place du palais, en principauté. Dix montgolfières écologiques représentant six pays s’élanceront, ou plutôt s’envoleront, à sa poursuite, en direction de l’Italie. Au programme, une traversée des Alpes du Sud, à plus de 6 000 mètres d’altitude, avant d’atterrir près du Piémont, le plus près possible de la cible. « L’objectif premier est de mettre en avant, comme il se doit, la politique écologique responsable menée par le souverain, au travers d’une manifestation exceptionnelle, explique Alain Cruteanschii, président des Aéronautes de Monaco, le club organisateur, et futur pilote du ballon Monaco. L’idée est née il y a cinq ans, en imaginant la création d’une montgolfière écologique aux couleurs de Monaco. Le rêve est devenu depuis réalité, grâce à la générosité du groupe Marzocco, qui a financé intégralement ce projet. »

© Photo Ballon Monaco

« C’est la météo qui vadt déterminer. La nature sera toujours la plus forte, explique Wim de Troyer. Un temps plutôt calme et sec, avec peu de nuages sera favorable au bon déroulement des opérations »

Course montgolfière
© Photo Ballon Monaco

« Conditions favorables »

Cet événement se déroulera « avant le 30 avril » 2024. Son organisation dépend en effet des conditions météorologiques, qui « devront être idéales », précisent les Aéronautes de Monaco. Pour cela, le club s’appuiera sur l’expertise d’un météorologue, Wim de Troyer. Celui-ci dispose désormais d’un peu moins de trois mois pour surveiller l’évolution de la météo, et déterminer le moment opportun. La compétition sera alors annoncée trois jours avant le grand départ. « C’est la météo qui va tout déterminer. La nature sera toujours la plus forte, explique Wim de Troyer. Un temps plutôt calme et sec, avec peu de nuages sera favorable au bon déroulement des opérations. Dans le créneau que nous chercherons, il devra y avoir peu de vent au sol, afin que la mise en place et le décollage se passent sans accrocs. Il faudra ensuite que les courants en altitude amènent les pilotes vers les Alpes italiennes, avant d’entamer leur traversée. Pour progresser dans cette étape cruciale du parcours, avoir un vent relativement rapide, 50 km/h et plus, à haute altitude sera une nécessité. Ces conditions favorables permettront à Alain Cruteanschii de contrôler sereinement la course, et d’atteindre un lieu qu’il définira comme propice, pour un atterrissage en toute sécurité. »

Course montgolfière
© Photo Ballon Monaco

« Tous les équipages sont habitués aux longs trajets à haute altitude par – 50 °C. Nous sommes dotés de masques à oxygène, de transpondeurs, de radio VHS, d’équipements de protection contre le froid fournis par Chapal »

Alain Cruteanschii. Président des Aéronautes de Monaco

Course montgolfière
© Photo Ballon Monaco

Pour cela, le météorologue sera en contact permanent, par satellite, avec le pilote du ballon monégasque. « C’est important de communiquer avec Alain, afin d’avoir son ressenti, sur le moment. De mon côté, je l’informerai de ce que je vois sur les images satellites et dans les actualisations des modèles météorologiques, notamment pour anticiper l’atterrissage. » À quelques jours ou semaines du grand départ, Alain Cruteanschii se veut rassurant : « Tous les équipages sont habitués aux longs trajets à haute altitude par – 50 °C. Nous sommes dotés de masques à oxygène, de transpondeurs, de radio VHS, d’équipements de protection contre le froid fournis par Chapal. Plusieurs équipages seront composés de binômes père-fils ou père-fille… Ce moment sera pour moi symbolique du passage de relais à la nouvelle génération. »

Course montgolfière
© Photo Ballon Monaco

Des montgolfières économes en carburant

Reste une question : qu’est-ce qui rend les montgolfières de la coupe prince Albert II plus acceptables que les autres, d’un point de vue environnemental ? « Une montgolfière écologique est constituée d’une double enveloppe isotherme, ce qui réduit la déperdition de chaleur, et génère jusqu’à 70 % d’économie de carburant, résume Alain Cruteanschii. La nacelle ultra légère conçue par Ultramagic, en titane et matériaux composites, pèse 100 kg de moins qu’une nacelle classique en osier. Romano Energy Monaco, pour sa part, nous fournira un bio-propane issu de la catalyse de déchets. Ce carburant révolutionnaire diminue de plus de 60 % nos émissions de CO2… » Car l’empreinte carbone des vols en montgolfière « classique » n’est pas négligeable. En effet, si la consommation pour une heure de vol est très variable — notamment parce qu’elle dépend du nombre de passagers, du poids dans la nacelle, de l’altitude, de la température extérieure… —, les pilotes brûlent, le plus souvent, du propane, un gaz au conditionnement facile, et qui ne craint pas le gel. En France, celui-ci provient à 70 % des champs gaziers de Norvège et d’Algérie, le reste étant issu du raffinage du pétrole brut. Et si sa combustion n’émet pas de particules et très peu d’oxyde d’azote, elle produit du dioxyde de carbone, à hauteur de 3,45 kg de CO2 équivalent par kilo de propane. Sans oublier l’utilisation d’un ventilateur à essence pour gonfler le ballon, avant de le chauffer, d’un ou deux véhicules pour acheminer la montgolfière vers son lieu de départ, sans oublier d’aller chercher les passagers au lieu d’atterrissage, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres.

Course montgolfière
© Photo Ballon Monaco

« Une montgolfière écologique est constituée d’une double enveloppe isotherme, ce qui réduit la déperdition de chaleur, et génère jusqu’à 70 % d’économie de carburant » 

Alain Cruteanschii. Président des Aéronautes de Monaco

Course montgolfière
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Le soutien du prince Albert II

Ce bilan carbone est cependant atténué par le fait que la fabrication ne nécessite que peu de matériaux, et par une durée de vie de l’enveloppe d’environ 600 à 700 heures de vol. Ce qui correspond à quatre à cinq ans d’utilisation professionnelle de la montgolfière. Ainsi, au travers de cette compétition sportive, Alain Cruteanschii — lequel avait, accompagné de Paolo Bonanno et Josep Llado Costa, remporté il y a quelques années le Balloon Concept Challenge, la première course de distance réservée aux montgolfières écologiques — explique souhaiter « faire passer, de façon ludique, un message important concernant l’écologie » et « mettre en valeur l’efficacité de l’isolation thermique et des carburants synthétiques dans la lutte contre le gaspillage énergétique ». Et parce qu’ils ambitionnent aussi de « promouvoir les engagements forts tenus par la principauté concernant la préservation de la planète, le respect de l’environnement, l’économie d’énergie », Alain Cruteanschii et les Aéronautes de Monaco ont reçu le soutien du prince Albert II. Ce dernier avait notamment volé pendant l’été 2023 à bord d’une montgolfière aux couleurs de la principauté, laquelle avait traversé la France. « Je me réjouis du grand intérêt et du soutien sans faille manifesté dès le début par le prince Albert II, commente le président du club. C’est un privilège d’avoir son soutien personnel, comme celui de sa fondation. L’aboutissement d’un tel projet va permettre à Monaco d’occuper une place incontournable dans l’univers de l’aéronautique écologique. »

Course montgolfière
© Photo Ballon Monaco

Première coupe prince Albert II : le programme 2024

Trois jours avant la date de départ identifiée par le météorologue Wim de Troyer
• Validation de la fenêtre météo et confirmation de la date de départ de la coupe prince Albert II.
• Les équipages ont 24 heures pour rejoindre Monaco.
Deux jours avant la date de départ
• Arrivée et installation des équipages dans les établissements hôteliers partenaires.
• Première réunion préparatoire.
Un jour avant le départ
• Déploiement des montgolfières sur les zones de décollage.
• Vols stationnaires avec les partenaires.
• Deuxième réunion préparatoire.
Jour J
• Briefing de course.
• Départ de la coupe prince Albert II
• Atterrissage en Italie
• Validation des distances de posé des concurrents.
• Proclamation des résultats sur la zone d’atterrissage.
Début mai 2024 (le 2, 3 ou 4 mai, date en attente de confirmation)
• En présence du prince Albert II, soirée de gala, sur invitation, au Grimaldi Forum.
• Remise de la coupe prince Albert II à l’équipage victorieux.

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