Humiliation ou opportunité ? Au cours de son interview au 20 heures de TF1 et France 2, dimanche dernier, le président de la République a dévoilé une série de mesures qui marque un net refroidissement des relations diplomatiques entre la France et le Niger. Emmanuel Macron a notamment annoncé le rapatriement de l’ambassadeur de France à Niamey, Sylvain Itté, et le retrait des troupes françaises – environ 1 500 soldats – « avant la fin de l’année ». L’armée se retire donc du Niger, après le Burkina-Faso, le Mali et la Centrafrique.
Le timing de la déclaration d’Emmanuel Macron a étonné, positionnée entre la crise des migrants et le chèque carburant dans son entretien sur les deux grandes chaînes. Mais la décision a été saluée par les putschistes au pouvoir comme « une nouvelle étape vers la souveraineté du Niger ». Comme cela a été le cas pour les récents coups d’État au Burkina-Faso et au Mali, cette prise de pouvoir militaire s’est déroulée dans un contexte marqué par une montée du sentiment anti-français.
Le départ de son ambassadeur
et de 1 500 soldats incarnent
l’échec de la France
Juillet passe et la situation s’envenime. À la fin du mois, les putschistes enferment le président Bazoum avec sa famille. Sylvain Itté et des membres diplomatiques sont pris en otage à l’ambassade de France. Les hommes du général Tchiani empêchent la livraison de nourriture. Les Français mangent des rations militaires. Fin août, Emmanuel Macron assure que l’ambassadeur reste en place et qu’il ne cédera pas aux pressions.
Un mois plus tard, le chef de l’État rapatrie son ambassadeur, présent depuis un an au Niger. L’annonce interroge les cercles diplomatiques. Comment expliquer ce revirement de l’Élysée, pourtant intransigeant depuis le coup d’État du 26 juillet dernier, multipliant les condamnations fermes à l’égard des putschistes ou les injonctions à libérer le président Mohamed Bazoum ?
Beaucoup de mots pour peu d’actions… Voilà comment la France met fin à dix ans de coopération militaire dans la bande sahélo-saharienne pour lutter contre le terrorisme. La diplomatie française a tenté de montrer les muscles en suspendant l’aide au développement et l’assistance au budget. Sans oublier les échanges culturels et universitaires, ce qui a suscité un tollé au sein de la gauche salonnarde. Mais au moment où la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) brandit la menace d’une intervention militaire début août, la France recule.
Les leçons sont multiples. Un retour d’expérience est nécessaire. La principale faillite aura été de ne rien avoir vu venir. Nos services de renseignement ont appris au dernier moment qu’un coup d’État se mijotait. Cet aveuglement doit interroger notre diplomatie sur sa présence en Afrique. Près de 1 500 soldats, répartis sur trois bases militaires, ainsi que du matériel doivent être rapatriés d’ici la fin de l’année. Pour rappel, le départ des troupes françaises du Mali a pris plus de neuf mois. Pour les putschistes, « la deuxième décolonisation commence »
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