Il faut dire que cette 23e journée n’a pas débuté dans un climat de sérénité absolue. Le match Strasbourg – Brest, qui a ouvert le bal vendredi soir, a été entaché d’une situation plus que litigieuse qui a permis au SB29 de plier le match à l’heure de jeu (0-3). Un ballon touché de la main par Lucas Perrin, qui levait le bras pour réclamer un six mètres avant un centre de Pierre Lees-Melou, a débouché sur un penalty finalement transformé par Mahdi Camara.
Fonseca et Haise furieux
Sur les images, difficile de trancher sur une éventuelle sortie de but mais selon les informations de Canal+, une vive incompréhension a opposé Jérôme Brisard, arbitre de la rencontre, et ses assistants à ce sujet. L’homme au sifflet, quelque peu esseulé, a donc choisi de confirmer sa décision initiale.
Dimanche, les polémiques se sont à nouveau multipliées. À Toulouse, après un match où Lille a fini par complètement perdre le fil (3-1), le portier du LOSC Lucas Chevalier s’est présenté, très remonté, au micro de Prime Video. « Il faut dire les choses : le premier but ne doit pas être accepté et on m’a dit que le troisième était hors-jeu, a lâché le gardien. L’arbitre a changé le match. »
Quasiment dans le même temps, son entraîneur Paulo Fonseca s’est présenté en conférence de presse, smartphone en main, montrant une image du diffuseur laissant penser que l’action ayant mené au but du 3-1 du Téfécé était entachée d’un hors-jeu. « J’ai la ligne du hors-jeu avec moi, a pesté le technicien portugais sur Prime Vidéo. Les images viennent seulement à la fin du match. […] Il y a beaucoup de situations avec les arbitres en ce moment. Encore une fois, je pense qu’ils ont changé le match contre le LOSC. »
Pourtant, les arbitres ont été remis au centre du jeu
Moins de deux heures avant cette saillie, c’est son homologue nordiste Franck Haise qui était monté au créneau. Le technicien lensois n’a pas apprécié que François Letexier n’accorde pas de penalty aux Sang et Or après un contact entre Florian Sotoca et un défenseur monégasque. « Tous les week-ends, on appelle la VAR pour nous mais elle n’est pas suivie« , a lâché l’entraîneur du Racing en conférence de presse.
M. Letexier a effectivement lui aussi confirmé sa décision initiale après avoir visionné les images, au ralenti puis à vitesse réelle. Alors que les hommes au sifflet se plaignaient en interne d’un manque de clarté dans les consignes qui leur ont été transmises ces dernières semaines, ils ont cette fois été invités à consulter plus régulièrement les images d’eux-mêmes après des actions litigieuses. Cette indication a été suivie sur de nombreuses autres pelouses de Ligue 1, du Parc des Princes, où M. Dechepy s’est déjugé la deuxième fois mais pas la première, à Nice, où M. Ben El Hadj a finalement décidé d’accorder un penalty à Clermont (0-0).
Malgré cette nouvelle habitude, qui a au moins le mérite de rendre aux arbitres leur pouvoir de décision, il n’y a donc pas eu d’accalmie. Il faut bien le dire, certains joueurs et entraîneurs ont certainement profité du flou qui touche la DTA pour accentuer les critiques… et la pression sur les hommes au sifflet.
Des problèmes insolubles
Mais ces polémiques successives traduisent aussi des dysfonctionnements inhérents au VAR et à son cadre d’utilisation. Dans le règlement, un arbitre doit être amené à revisionner des images en cas de « probable erreur manifeste ». Ces termes poussent les hommes au sifflet à se déjuger de manière constante… ou à susciter l’incompréhension s’ils ne le font pas. « Je ne vois pas l’intérêt de l’appeler si c’est pour ne pas siffler penalty« , s’est ainsi agacé Florian Sotoca sur Prime Vidéo. Il en a pourtant le droit, et même le devoir, s’il estime que sa décision est la bonne.
Car après tout, les assistants VAR sont des hommes, et c’est précisément pour cela que leurs décisions sont elles aussi des interprétations qui, par définition, ne sont pas des vérités absolues. C’est la raison pour laquelle cet outil n’a pas amené plus d’uniformité entre les décisions, et donc plus de justice. « Prenez les penalties sifflés contre nous, a résumé Haise face à la presse. Que ce soit contre Brest ou Nice… Quand j’ai dit au quatrième arbitre que Brest avait eu un penalty contre nous [pour une situation qu’il estime similaire à celle de Sotoca face à Monaco, NDLR], j’ai pris un carton jaune. »
Au fil des ans, le VAR a créé un biais, en accompagnant l’idée que son utilisation rendrait les décisions plus homogènes. Mais alors que ce n’est, à l’évidence, pas le cas, le sentiment d’injustice est d’autant plus grand. Tout comme la lassitude. « Je pense qu’il faut arrêter la VAR puisque les arbitres ne l’utilisent pas, a confié Haise sur Prime Vidéo. Avant de modérer : Évidemment, je le dis au second degré…« .
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