A Port-au-Prince paralysée et enclavée, la violence des gangs atteint son paroxysme

A Port-au-Prince, des frontières invisibles se sont dressées, celles de la violence qui s’est exacerbée. Le week-end dernier, des gangs lourdement armés ont attaqué deux prisons, dont le pénitencier national, le plus grand du pays, libérant près de 4000 détenus. Dépassé par les violences, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence dans la foulée: un couvre-feu a été décrété entre 6h du soir et 5h du matin jusqu’à mercredi au moins. Mais dans les faits, cela ne change rien: voilà des mois que personne ne s’aventurait plus dans les rues de la capitale, la nuit tombée.

Alors que beaucoup d’organisations ou de bailleurs de fonds ont relocalisé leurs activités dans d’autres villes du pays, Annalisa Lombardo, employée d’une ONG, a fait le choix de rester malgré les pressions de son siège. En septembre, elle a dû quitter son habitation de Carrefour-Feuilles, un quartier de la capitale, face à l’avancée des groupes armés. «Mais je ne suis allée qu’à 4 kilomètres, explique-t-elle par téléphone. Certains quartiers sont devenus des zones fantômes où n’importe qui peut se faire tuer ou se faire kidnapper. Dans d’autres, il y avait encore des «blocus» il y a quelques jours, même si plusieurs institutions ont fermé leurs portes.»

Cet article vous intéresse?

Ne manquez aucun de nos contenus publiés quotidiennement – abonnez-vous dès maintenant dès 9.-CHF le 1er mois et accédez à tous nos articles, dossiers et analyses

CONSULTER LES OFFRES

Les bonnes raisons de s’abonner au Temps:

  • Consultez tous les contenus en illimité sur le site et l’application mobile
  • Accédez à l’édition papier en version numérique avant 7 heures du matin
  • Bénéficiez de privilèges exclusifs réservés aux abonnés
  • Accédez aux archives

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.