Les bandes criminelles, qui contrôlent la majeure partie de la capitale haïtienne Port-au-Prince ainsi que les routes menant au reste du territoire, s’en prennent depuis plusieurs jours aux sites stratégiques du pays. Et ce en l’absence du premier ministre contesté Ariel Henry, dont ils réclament la démission, tout comme une partie de la population. Celui-ci est, selon les dernières nouvelles, bloqué dans le territoire américain de Porto Rico après un voyage à l’étranger.
Dans ce contexte, l’aéroport de la capitale ne fonctionne plus et l’opérateur du port a annoncé jeudi 7 mars 2024 suspendre son activité en raison des « troubles à l’ordre public », citant des « actes malicieux de sabotage et de vandalisme » subis depuis le 1er mars.
Les autorités haïtiennes ont publié le même jour un « arrêté instaurant l’état d’urgence sécuritaire sur toute l’étendue du département de l’Ouest », qui comprend la capitale, « pour une période d’un mois » et décrété un nouveau couvre-feu nocturne jusqu’à lundi.
Attaques coordonnées de bâtiments de la police
Malgré cela, dans la nuit de vendredi à samedi, des tirs ont été entendus à Port-au-Prince, où les quartiers du centre-ville sont particulièrement sous tension. Sur place, les riverains affirment assister à des affrontements « entre des policiers et des bandits ».
Ces derniers veulent visiblement prendre le contrôle des bâtiments de la police situés au Champ-de-Mars, dans le centre de la capitale. Selon un comptage du Syndicat national de policiers haïtiens, depuis le début des attaques coordonnées des gangs, dix bâtiments de la police ont été détruits et deux prisons civiles attaquées et vidées de leurs détenus.
Les administrations et les écoles restent fermées, tout comme de nombreux établissements de santé qui font face à « une pénurie inquiétante de médicaments », a alerté le bureau de l’Onu pour les affaires humanitaires (Ocha), parlant d’un système de santé « proche de l’effondrement ».
« Haïti aura faim bientôt »
L’ONG Mercy Corps s’est quant à elle alarmée des risques pour l’approvisionnement de la population du pays le plus pauvre des Amériques. « Avec la fermeture de l’aéroport international, le peu d’aide fournie actuellement à Haïti pourrait ne plus arriver », a déclaré l’ONG dans un communiqué. Les conteneurs maritimes « sont pillés » ou n’arrivent plus, s’est-elle inquiétée. « Si l’on ne peut plus accéder à ces conteneurs, Haïti aura faim bientôt. »
L’Onu a également alerté vendredi sur le sort des femmes enceintes : « Si la paralysie de la zone métropolitaine de Port-au-Prince se poursuit au cours des prochaines semaines, près de 3.000 femmes enceintes risquent de ne pas pouvoir accéder aux soins de santé essentiels. »
« Des questions cruciales pour la stabilisation de la sécurité et la fourniture d’une aide humanitaire urgente » seront abordées lundi 11 mars en Jamaïque, a indiqué samedi le président du Guyana Mohamed Irfaan Ali. La Communauté des Caraïbes (Caricom) y a convié des représentants des États-Unis, de la France, du Canada et de l’Onu.
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