En vogue, les crémants de Bourgogne tentent de contenir leur prix

Record absolu en 2021 pour les crémants de Bourgogne avec 23,3 millions de bouteilles vendues, du Chatillonnais au Mâconnais en passant par les côtes de nuits et de beaune. La performance de 2019 – 20 millions de « cols » en 2019 – a été largement battue par cette année post-confinement où les bulles ont été plébiscitées dans le monde entier.

« Un vrai boom », selon Pierre de Couëdic, directeur général de l’Union des producteurs et des élaborateurs de crémant de Bourgogne (UPECB). L’appellation crémant représente 10 % du vignoble bourguignon, qui compte 138 élaborateurs maîtrisant la prise de mousse. Son premier marché à l’export (45 % des ventes) est celui des Etats-Unis, devant la Norvège, qui vient de doubler la Suède, puis la Belgique.

Prix du foncier

« Depuis 2019, tous nos nouveaux clients arrivent par ce produit, des pays baltes, d’Afrique, d’Amérique du Sud… », constate Marjorie Brayer, responsable marketing de la cave coopérative de Lugny, en Saône-et-Loire, dont les effervescents représentent 20 % des vins.

Toutes régions confondues, la France a vendu 100 millions de bouteilles en 2021, réparties en 8 appellations d’origine qui trouvent leur place entre le prosecco et le champagne. La Bourgogne est sur la deuxième marche du podium, derrière l’Alsace mais devant la Loire.

A 8 euros en entrée de gamme, contre 6 ou 7 euros pour ses concurrents, les crémants de Bourgogne sont les plus chers de France. « Ces prix sont dus à ceux du foncier et du patrimoine, plus chers ici qu’ailleurs », explique Benjamin Le Berre, directeur général de Moillard, à Meursault, en Côte-d’Or.

Moillard a vendu 1,4 million de cols en 2021 et investit sur le produit. « C’est difficile d’avoir de la qualité sans avoir les volumes, car les équipements sont coûteux. On travaille maintenant sur une cuvée équivalente à un champagne de luxe que l’on proposera d’ici quatre ou cinq ans à 20 ou 25 euros », indique-t-il.

Hausse des prix

Même s’ils ont moins souffert que les vins dits « tranquilles » (sans bulles), grâce à des achats de vrac plus précoces, les crémants ont eux aussi subi une hausse des coûts de production estimée par l’UPECB à 25 %. Celle-ci a été répercutée par une hausse des prix d’environ 10 %.

Leader avec 35 % des ventes de l’appellation, la maison Famille Piffaut Vins et Domaines , à Montagny-lès-Beaune, qui travaille au plus serré le rapport qualité prix de ses marques Veuve Ambal et Maison Delorme, a dû augmenter ses prix de 15 % en 2021 pour l’absorber. « Et on en fera autant cette année », prévoit Aurélien Piffaut, président du directoire.

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