Un coup de gueule contre le coup de force du régime : avec leur dernier titre Finale, paru en pleine Coupe d’Afrique des Nations, les rappeurs de Positive Black Soul – une institution du hip hop sénégalais – ont démontré qu’ils n’ont rien perdu de leur verve et de leur engagement politique après plus de vingt ans de carrière. Le texte, malicieux, emprunte au langage footballistique (« nul ne peut changer la règle, deux mi-temps, c’est deux mi-temps ») pour dénoncer le report de l’élection présidentielle décidé en début d’année par le président Macky Sall.
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Didier Awadi, le leader emblématique de Positive Black Soul, n’a jamais craint de dire tout haut ce que beaucoup de Sénégalais pensent tout bas. Sa prose militante et enragée a profondément marqué l’histoire du rap sénégalais depuis les années 2000. Il y a deux ans, pendant les émeutes meurtrières qui ont éclaté après l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko, PBS prenait fait et cause pour le mouvement démocratique Free Senegal, et marquait les esprits avec le morceau Bayil Mu Sedd (« laisse tomber » en wolof) adressé directement à Macky Sall sous forme d’un message téléphonique :
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La France a peut-être perdu l’habitude d’entendre les rappeurs parler frontalement de politique. Mais au Sénégal, la tradition reste vivace. A plusieurs reprises dans l’histoire récente, les stars du rap ont contribué aux changements politiques qu’a traversé le pays. D’abord au début des années 2000, lorsqu’ils s’engagent pour faire tomber l’ancien président Abdou Diouf au pouvoir depuis deux décennies. Puis dix ans plus tard avec le mouvement Y’en a marre. A l’initiative des artistes, la société sénégalaise se soulève en 2011 pour protester contre le président Abdoulaye Wade qui cherche à imposer son fils pour lui succéder. « Faut pas forcer », lui répondent les rappeurs.
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L’histoire ne fait donc que se répéter. Cette année encore, le rap écrit la bande-son d’un nouveau soulèvement anti-système qui agite le Sénégal. Et c’est une nouvelle génération de rappeurs qui reprend le flambeau. Aux côtés des grands anciens comme Positive Black Soul, les rappeurs qui montent et qui comptent pour la jeunesse se sentent aussi investis d’une mission. Parmi eux, des artistes comme Nitdoff ou Omzo Dollar ont eu maille à partir avec les autorités pour avoir dénoncé les violences policières. Autre exemple, un des stars du moment à Dakar : Dip Doundou Guiss, il rappe en wolof et tire à boulets rouges sur Macky Sall.
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« Demain tu auras honte de raconter à tes enfants ce que tu as fait de ce pays », assène le rappeur sur ce titre à la tonalité sombre et amère. Plus loin il ajoute : « Tu as vendu notre eau à Macron, et nos pêcheurs en pâtissent encore », allusion à un accord sur la pêche très impopulaire signé entre l’UE et le Sénégal. Quelle que soit leur génération, la posture des rappeurs sénégalais est donc très claire : ils appellent à tourner la page des années Macky Sall, et leur champion a pour nom Ousmane Sonko. Le candidat d’opposition ne pourra pas se présenter lui-même à la présidentielle (une décision de justice l’en empêche) mais son émergence soulève beaucoup d’espoir. Son nom est sur toutes les lèvres. Et même dans certains refrains :
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