Reportage en Laponie où deux champions automobile de Monaco ont ouvert leur centre de pilotage

Vincent Landais, coordinateur des stages JPS entre deux rallyes au côté de Sébastien Ogier: « Découvrir le sport auto en mode loisir »

En quoi consiste votre job chez JPS?

J’assure la coordination de l’équipe et l’encadrement des stagiaires depuis la création de ce centre de pilotage en 2020. Il y a d’abord une partie organisation comprenant le volet commercial, réservation des hôtels, des pistes, ainsi que le marketing, la communication. Et puis, durant chaque session, je supervise, je fais le lien entre les coachs, les mécanos. On joue aussi les saint-bernard pour dépanner les participants échoués en bord de piste.

Il faut être multitâche. Comme un vrai copilote, en somme?

Oui, quelque part, ça ressemble pas mal à mon métier. Car cela nécessite d’avoir une vision globale, le sens du timing. Être un peu couteau suisse, savoir garder son calme, en toutes circonstances, comme quand je dispute une course. Mes quinze ans d’expérience dans le baquet de droite m’aident beaucoup pour ce boulot. D’ailleurs, je n’ai pas l’impression de travailler.

Ça se fait naturellement, facilement. Tout est fluide. Si on vous demande de résumer le concept JPS en quelques mots?

Les gens viennent chez nous pour découvrir ou pratiquer le sport auto en mode loisir. Sans l’aspect compétition, sans la pression du chrono. Ici, seul le plaisir compte.

Il paraît que Sébastien Ogier est venu s’amuser avec des amis il y a un an. A-t-il apprécié l’expérience?

Ah oui, il a adoré! Début 2023, pour lui et ses proches, j’avais organisé une journée en motoneige et une journée voiture. On en parlait encore récemment. Il trouve ça super fun et il reviendra. Cette « Béhème », elle plaît vraiment à tout le monde. Le novice arrive vite à l’apprivoiser. Et un expert tel que lui la trouve très ludique.

« Plus le défi s’avère ardu, plus il est fort! »

Devenir le copilote d’un champion du monde puissance 8, ça change la vie?

Ouais, complètement.  Vous savez, ma vie, j’ai décidé de la consacrer au rallye très tôt, dès mon baptême du feu en WRC (40e du Rallye de France-Alsace 2012 au côté d’un pilote amateur, sur une Suzuki Swift, ndlr) avec l’espoir que ça paye un jour. Dans ce sport, vous devez donner énormément, sortir vos tripes, faire beaucoup de sacrifices, sans la moindre garantie de réussite. J’ai travaillé dur, longtemps. Et quand les bonnes opportunités ses sont présentées, j’ai su les saisir. D’abord avec Pierre-Louis (Loubet). Après le titre WRC2 (2019), on a grandi ensemble dans la catégorie reine, sur une Hyundai i20 privée qui avait deux ans de retard, puis chezM-Sport, avec la Ford Puma officielle. En 2022, on accomplit une belle saison. C’est l’année où je deviens ouvreur de Seb’ Ogier au Monte-Carlo. Le courant passe bien. Nous restons en contact. Et dix mois plus tard, il me donne ma chance au Japon.

Ce jour-là, comme vous dites, ma vie a changé (5 podiums dont 3 victoires en 10 courses). Avez-vous tout de suite percé le secret de sa réussite?

En le côtoyant ainsi, on mesure son immense force de caractère et de travail. À 40 ans, après tout le chemin parcouru, avec un tel palmarès, ce mec ne lâche rien. Plus le défi s’avère ardu, plus il est fort ! Et c’est contagieux… À côté, vous devenez pareil. Cette discipline, cette rigueur qui me fascinent chez lui, il me les a transmises. Partager son habitacle, son intimité, c’est une chance inouïe.

Tentez-vous de le convaincre de recourir à temps plein?

J’essaie, oui, forcément. Aujourd’hui, ce n’est pas d’actualité. Ce rythme moins soutenu (6 courses sur 13 en 2022, 8 sur 13 l’an dernier) lui convient. Tant que Toyota l’acceptera, ça durera. Le plus longtemps possible, espérons-le. Parce que, pour être franc, je pense que j’arrêterai en même temps que lui. Hormis si je croise la route d’un jeune pilote qui le mérite, à quoi bon continuer après avoir tutoyé les sommets?

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.