La Commission présente ses ambitions pour le développement de la technologie quantique – Euractiv FR

La Commission européenne a présenté vendredi (22 mars) cinq piliers qui serviront de base pour stimuler la compétitivité de l’Europe dans le domaine de l’informatique quantique, une technologie en plein essor qui permet de résoudre des problèmes trop complexes pour les ordinateurs classiques.

Ces piliers constitueront le fondement d’un plan d’action comportant des mesures concrètes, comme indiqué dans la déclaration de l’UE sur l’informatique quantique. Au moment de la publication de cet article, la Commission n’a pas encore fourni de réponses à Euractiv concernant le plan de financement et le délai prévu pour cette initiative de « pacte quantique européen ».

Les ordinateurs quantiques dépassent les capacités des superordinateurs, sur lesquels la plupart des produits de haute technologie sont développés. Ainsi une course à la technologie quantique s’est engagée entre les puissances mondiales.

Le pacte quantique européen visera non seulement à « garantir la compétitivité de l’Europe dans le domaine », mais aussi à transformer le continent en une puissance dans cette technologie, a déclaré Thomas Skordas, directeur général adjoint chargé des communications, des réseaux, du contenu et de la technologie à la DG CONNECT de la Commission, lors d’un évènement du Quantum Flagship organisé le 22 mars à Bruxelles. Le Quantum Flagship est une initiative de l’UE lancée en 2018 pour investir un milliard d’euros sur dix ans dans la recherche sur l’informatique quantique.

Par ailleurs, le 21 mars, la Belgique, la Bulgarie et la Pologne ont annoncé leur intention de signer la déclaration de l’UE sur l’informatique quantique, qui établit un cadre stratégique pour coordonner toutes les initiatives liées à cette technologie dans l’UE. L’accord compte désormais 21 signataires sur les 27 États membres.

La déclaration a été présentée par la présidence espagnole du Conseil de l’UE en décembre 2023.

Les cinq piliers

Les cinq piliers comprennent : le soutien aux start-ups et aux PME, l’investissement dans la recherche quantique, l’élargissement du pool d’investissement quantique, le développement de la coopération internationale et l’assurance d’une coordination efficace au niveau de l’UE et des États membres.

L’UE « s’engage » avec le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis à former des partenariats stratégiques dans le domaine de l’informatique quantique, a expliqué Thomas Skordas.

Les défis à relever pour que l’UE reste pertinente dans ce domaine sont la nécessité d’attirer et d’entretenir un vivier de talents qualifiés et la dépendance excessive envers les fournisseurs non européens pour les composants essentiels et les matières premières, a souligné M. Skordas.

Selon lui, l’UE abrite 25 % des petites entreprises dans le domaine quantique qui existent dans le monde — une position nettement meilleure que dans d’autres domaines, tels que l’intelligence artificielle.

« Notre scène de start-ups est à la pointe du progrès. Nous comptons actuellement plus de 120 startups, un nombre similaire à celui des États-Unis. Je pense que vous serez tous d’accord pour dire que l’Europe est bien placée pour développer cet écosystème », a déclaré M. Skordas.

Un accord qui ne fait pas l’unanimité

Malgré l’accord sur la stratégie quantique de l’Europe, il reste encore beaucoup à faire « pour harmoniser les approches et faire en sorte que l’accès, le contrôle et le développement des technologies quantiques fassent partie du discours géopolitique européen », a déclaré Andrea G. Rodríguez, analyste en chef de la politique numérique pour l’agenda numérique de l’UE au European Policy Centre (EPC), à Euractiv.

Pour Mme Rodríguez, le fait que six pays de l’UE n’aient pas signé la déclaration montre qu’il y a encore beaucoup à faire pour démontrer la crédibilité de la technologie quantique comme domaine stratégique pour l’Europe.

La Commission a déjà repoussé à plusieurs reprises le délai de soumission d’une étude sur les vulnérabilités de quatre technologies critiques jugées essentielles pour l’avenir de l’UE, a affirmé l’analyste de l’EPC. Pour Mme Rodríguez, cela montre que le domaine quantique n’est pas une priorité pour la Commission.


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