L’IA, c’est autant une histoire d’humain que de technologie

Par Olivier Girard, président d’Accenture France, et Raymond Soubie, président du groupe Alixio

La vraie révolution de l’intelligence artificielle générative (IAG) est devant nous. Nous ne sommes qu’au début d’un bouleversement à venir des entreprises, des organisations, et donc de la société.

Cette technologie a fait irruption dans la société et a connu un taux d’adoption sans précédent. Le robot conversationnel de l’entreprise OpenAI a mis seulement deux mois pour franchir le cap des 100 millions d’utilisateurs alors qu’il aura fallu deux ans et demi à Instagram pour y parvenir, et neuf mois à TikTok.

De prime abord, le principe de l’IA générative est simple : cette nouvelle branche de l’intelligence artificielle permet d’écrire, de coder, de dessiner et de générer des résultats « crédibles » à partir de prompts AI, autrement dit de demandes textuelles, vocales ou d’images. Son potentiel de création de valeur est immense et dépasse très largement l’objectif de gains de productivité. Il apporte des solutions innovantes aux principaux problèmes de notre société.

Bien plus qu’une technologie

Une étude menée par le Massachusett Institute of Technology (MIT) estime que ChatGPT économise 37 % du temps consacré à la rédaction de documents professionnels de complexité moyenne. A noter : 30 % des nouveaux médicaments et matériaux pourraient être systématiquement découverts à l’aide de techniques d’IA génératives. ChatGPT est l’outil le plus puissant pour capitaliser sur l’ensemble des savoirs et des informations détenus par une organisation, et démultiplier ainsi de manière exponentielle ses capacités d’innovation.

Ceci explique l’enthousiasme sans précédent manifesté par les leaders mondiaux à son égard. Ainsi, 97 % des 2.300 dirigeants internationaux considèrent que l’IA générative transformera leur entreprise et leur secteur. La taille du marché mondial de l’IA générative devrait atteindre 109,37 milliards de dollars d’ici à 2030, soit une croissance annuelle de 35,6 % entre 2022 et 2030 .

Potentiel d’innovation, de création de valeur, de démultiplication du travail et de la créativité humaine, l’IA générative est bien plus qu’une technologie. Naturellement, son déploiement va profondément impacter le monde du travail. L’étude publiée par Accenture, en mars 2023 , a analysé l’ensemble des tâches professionnelles pour identifier celles que l’IA générative peut automatiser ou augmenter – c’est-à-dire qui exigeront une intervention humaine pour en contrôler le contenu.

En France, 44 % des heures de travail sont potentiellement impactées : 22,5 % automatisées et 21,5 % augmentées. Les professions particulièrement exposées – dont plus de 50 % des heures de travail peuvent être automatisées ou augmentées – représentent plus de 40 % de l’emploi en France.

Acceptabilité sociale

Les entreprises doivent, par conséquent, accorder autant d’importance au facteur humain qu’à la technologie afin de fixer le cadre de la collaboration entre l’humain et l’IA générative et rassurer sur l’impact positif pour les salariés. Une évaluation précise des tâches potentiellement impactées, des besoins en compétences nécessaires tant pour déployer que pour utiliser l’IA générative est un préalable, afin d’assurer son acceptabilité sociale.

Des investissements massifs dans la formation des salariés sont incontournables, car l’IA exigera des tâches plus complexes sur le plan cognitif et des capacités de jugement accrues.

Il s’agit bien d’aider les salariés à se projeter vers de nouvelles compétences, de nouveaux métiers plus qualitatifs, plus émancipateurs, en leur donnant de la visibilité afin que l’IA générative soit synonyme de collaboration et de « techno liberté ». Les entreprises ont, dès à présent, un rôle central dans cette transformation sociétale.

Nous arrivons à ce qui pourrait être le point d’inflexion le plus important de l’histoire de la technologie. L’avenir sera sans doute façonné par l’intelligence artificielle mais il doit l’être pour l’intelligence humaine. Il nous appartient de trouver l’équilibre entre ce que nous pouvons faire de la technologie et ce que nous voulons en faire en tant que société.

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