Au camouflet du départ forcé des troupes françaises du Niger l’été dernier, les Etats-Unis n’avaient pas vraiment répondu par la solidarité que son allié de l’Otan attendait. Après le coup d’Etat fomenté par la junte, Washington s’était efforcé de ménager les nouveaux maîtres de Niamey, en espérant pouvoir tant bien que mal maintenir sa présence militaire dans le Sahel.
Des efforts illusoires, puisque les militaires ont qualifié samedi la présence américaine « illégale », exigeant le retrait des troupes américaines. Et ce, quelques jours après avoir humilié une délégation américaine, venue « exprimer des inquiétudes quant aux relations potentielles du Niger avec la Russie et l’Iran ». Le général Tiani, qui dirige aujourd’hui le Niger, décidant notamment de snober Molly Phee, la secrétaire d’Etat en charge des affaires africaines et Michael Langley, le commandant de l’armée américaine en Afrique.
La Russie attend son heure
En embuscade, Moscou se frotte les mains. Comme au Mali , où des Russes sont déjà déployés, au Burkina Faso où des « spécialistes militaires » envoyés par le Kremlin ont débarqué récemment, et en Centrafrique où des « instructeurs » – des paramilitaires issus de Wagner – assurent la sécurité du régime de Faustin-Archange Touadéra, la Russie continue d’avancer ses pions dans la région.
Le démembrement du groupe Wagner, après la mort de son chef Evgueni Prigojine , n’a semble-t-il pas contrarié les plans du Kremlin. La milice aux inspirations nazies a été remplacée par… l’« Africa Corps », le nouveau parapluie de la présence russe en Afrique, et un nom qui fait clairement référence à l’Afrika Korps, les troupes du Troisième Reich dirigée par Rommel en Afrique du Nord.
Reste à savoir si la Russie, engagée dans une guerre usante en Ukraine , peut avoir les moyens de ses ambitions. Si Moscou est « probablement intéressée par un accord avec le Niger », relève Raphael Parens, du Foreign policy research institute (FPRI), interrogé par l’AFP, « sa capacité à accompagner l’opération d’une force militaire est un tout autre sujet ».
Montée en puissance du djihadisme
Si la partie semble mal engagée, les Etats-Unis n’ont pas encore acté la décision de la junte nigérienne. « Nous travaillons par la voie diplomatique pour obtenir des éclaircissements. Ces discussions sont toujours en cours », a lapidairement commenté le Pentagone. Environ 1.000 militaires américains et employés de sociétés militaires privées sont encore sur place, à Niamey, la capitale, et à Agadez, dans le nord du pays.
Avec le départ des Occidentaux, se pose aussi la question de la montée en puissance du djihadisme, notamment du JNIM (la branche d’Al-Qaida dans la région) et de l’Etat islamique au grand Sahara. Début octobre, 29 soldats nigériens étaient tués dans l’ouest du pays dans une attaque terroriste.
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