Sur la route qui relie Ebimpé, où il a assisté au match, à Abidjan, Habib Deazon exulte. D’abord parce que la Côte d’Ivoire vient de battre la République démocratique du Congo 1 à 0, décrochant du même coup son ticket pour la finale du 11 février. Mais aussi parce qu’il avait misé sur la qualification des Eléphants sur la plate-forme de paris en ligne Betclic. « C’est une double victoire, se félicite, sans cesser de marcher, le jeune homme d’une vingtaine d’années, la voix cassée d’avoir trop crié. Je suis fier pour mon pays et je suis content pour mon argent ! »
La phase de poules chaotique de la sélection ivoirienne l’avait fait flancher mais, dit-il, « découragement n’est pas ivoirien ». « J’avais presque tout perdu après les premiers matchs, mais il me restait 30 000 francs CFA [45 euros] sur mon portefeuille Betclic. Alors j’ai tout mis sur la qualification de la Côte d’Ivoire et, depuis, on n’a plus arrêté de gagner : Sénégal, Mali… Ce soir, j’avais mis 50 000 francs CFA sur une victoire face à la RDC, sans aller aux prolongations parce que la cote était plus haute, et voilà Haller [l’un des attaquants ivoiriens] qui marque ! »
Si elle enrichit les supporteurs patriotes, la CAN fait surtout les affaires des bookmakers, qui ont vu débarquer dans leurs échoppes et sur les applications en ligne tout un portefeuille de nouveaux clients. La Loterie nationale de Côte d’Ivoire (Lonaci), en charge du secteur, estime ainsi à 15 % l’augmentation du volume des paris depuis le coup d’envoi de la compétition.
Les paris oscillent en moyenne entre 1 500 et 2 000 francs CFA, mais la mise plancher est fixée entre 50 et 100 francs CFA, selon les plates-formes. Beaucoup de supporteurs des Eléphants se contentent d’investir des petites sommes, pour le symbole, explique au téléphone Gaoussou Paré, un docker vivant à San Pedro, sur le littoral ouest. « Moi-même, je ne suis pas un parieur, s’amuse-t-il. C’est une manière de soutenir mon pays, c’est tout. Depuis le début de la compétition, j’ai parié à chaque fois sur la Côte d’Ivoire. »
Récompenser par de belles sommes
Mais les cotes alléchantes séduisent aussi des joueurs invétérés, habitués des tournois internationaux de football, voire d’autres sports. Et pour cause : pas une semaine ne s’écoule sans qu’une équipe ne déjoue les pronostics des observateurs et des parieurs. « C’est la CAN de toutes les surprises », résume « Momo », client régulier de l’application Betclic. Ce mordu de paris sportifs en tous genres, y compris sur le basket et le tennis, réunit tous les jours ses camarades de jeu en face de la pharmacie du quartier des Perles, aux Deux-Plateaux, pour comparer leurs pronostics d’avant-matchs.
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