Bassirou Diomaye Faye devient le 5e président du Sénégal, l’Iran jure de riposter après une attaque, Maryse Condé s’est éteinte…
RFI, Radio France Internationale en direct de Paris, il est 18 h, 16 h à Dakar.
Le Journal en français facile.
Adrien Delgrange.
Bonjour à toutes et à tous.
Nous sommes le mardi 2 avril et au sommaire de cette édition :
L’Iran est endeuillé après des tirs de missiles, hier sur un bâtiment officiel iranien situé en Syrie, dans la capitale Damas. L’attaque a coûté la vie à au moins treize personnes.
Il promet du changement pour son pays. Bassirou Diomi Faye, le nouveau président du Sénégal que vous entendrez, a pris la parole aujourd’hui en public pour un moment très solennel.
L’actualité en France, est la mort d’une grande écrivaine, Maryse Condé s’est éteinte aujourd’hui à l’âge de 90 ans.
Et puis les enseignants français en colère, ils sont descendus dans la rue. Ils ont manifesté aujourd’hui un peu partout dans le pays. Les raisons de leur colère dans ce journal expliquées par Laurence Théaud.
Voilà pour les titres. Soyez les bienvenus.
Le visage sérieux, la main droite levée, habillé dans un costume avec une cravate, le nouveau président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a ce qu’on appelle prêté serment. Après avoir gagné les élections présidentielles, il s’est engagé de manière formelle à diriger le Sénégal, pays de 18 millions d’habitants, pour les cinq prochaines années. Des paroles prononcées à la mi-journée devant de très nombreuses personnes, dont huit chefs d’État africains.
« Devant Dieu et devant la nation sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de président de la République du Sénégal, de consacrer toutes mes forces à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire, l’indépendance nationale et de ne ménager enfin aucun effort pour la réalisation de l’unité africaine. »
Bassirou Diomi Faye, le nouveau président du Sénégal, jamais élu auparavant, il devient ainsi à 44 ans, le cinquième président du Sénégal depuis l’indépendance du pays en 1960. Il succède. Il remplace ainsi le président Macky Sall.
L’actualité à présent au Proche et Moyen-Orient où l’Iran jure de riposter. Les autorités iraniennes promettent des représailles après une attaque hier contre un bâtiment officiel de l’Iran situé en Syrie, dans la capitale Damas. Hier, lundi, six missiles tirés par des avions de chasse, des F-35, ont détruit le bâtiment qui abrite le consulat et la résidence de l’ambassadeur iranien. L’Iran accuse Israël d’être à l’origine de ce raid meurtrier, mais Israël ne confirme pas sa responsabilité. L’attaque a tué au moins treize personnes, six Syriens, sept Iraniens. Parmi les victimes iraniennes figurent le chef de la force Al-Qods. C’est un très haut gradé militaire. Siavosh Ghazi est notre correspondant régional.
Mohamad Zahedi, était l’un des officiers les plus décorés du corps des gardiens de la révolution iraniens, dont il a occupé les plus hautes fonctions ces quatre dernières décennies, avant de se consacrer entièrement au développement des relations entre l’Iran et ses alliés régionaux, plus particulièrement le Hezbollah. L’importance du rôle joué par cet officier supérieur transparaît clairement dans le communiqué publié lundi soir par le parti de Hassan Nasrallah. Il y est décrit comme l’ami loyal et sincère qui a partagé avec le Hezbollah les préoccupations et les responsabilités au Liban et dans la région pour défendre la cause des opprimés et de la Palestine. Mohammad Zahedi était chargé d’apporter au Hezbollah toute l’aide logistique et militaire nécessaire dans le contexte de la confrontation stratégique avec Israël, avec sa mort et celle de ses principaux adjoints. La force Al-Qods en Syrie et au Liban est pratiquement décapitée. À Téhéran et à Beyrouth, l’heure est à la concertation pour étudier la meilleure façon de riposter à ce grave revers, sans pour autant se laisser entraîner dans une guerre totale. Car les dirigeants iraniens et les chefs du Hezbollah sont convaincus qu’un tel scénario servirait les intérêts d’Israël. Paul Khalifeh, Beyrouth, RFI.
Anthony Blinken est lui arrivé à Paris dans la journée. Le secrétaire d’État américain va rencontrer notamment le président Emmanuel Macron. Alors, si l’Ukraine figure en bonne place à l’ordre du jour de la visite d’Antony Blinken en France, la situation dans la bande de Gaza devrait également être discutée entre les deux hommes. Quelques heures après la frappe aérienne israélienne qui a tué hier sept travailleurs humanitaires dans l’enclave palestinienne.
RFI à Gaza, il est 18 h 06.
Un peu partout en France, des enseignants étaient en grève. Aujourd’hui, des professeurs qui n’ont donc pas travaillé et ne seront pas payés ce jour-là. Ils ont préféré manifester pour espérer se faire entendre du gouvernement français. Laurence Théaud, bonjour.
Bonjour Adrien. Bonjour à tous.
Vous étiez dans la manifestation parisienne, alors dites-nous tout d’abord pourquoi sont-ils en colère ?
Alors les enseignants sont en colère car ils pensent que cette réforme consiste à trier les élèves. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire constituer des groupes de niveau, c’est-à-dire Adrien, regrouper les faibles avec les faibles, les moyens avec les moyens et les forts avec les forts. Un professeur de mathématiques m’expliquait que les élèves les plus faibles sont souvent issus des milieux les plus défavorisés. Défavorisés c’est quoi ? Ce sont les plus pauvres. Donc il s’agit pour lui d’un tri social. On classe les élèves selon leur milieu social. Sur une pancarte tenue par un professeur, on pouvait lire écrit au feutre rouge : « Je trie mes déchets, mes ordures, mais pas mes élèves. »
Alors, pour bien comprendre cette situation, Laurence, expliquez-nous, les enseignants croient au contraire à la mixité scolaire.
Oui, ils pensent en effet que la mixité, c’est-à-dire le mélange, le partage, fait avancer une classe. Les élèves les plus forts sont moteur. Moteur, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les plus forts aident les plus faibles. C’est ce qu’on appelle une dynamique de classe. Ça bouge, c’est vivant. Les enseignants que j’ai pu interroger m’ont dit qu’il faudrait moins d’élèves par classe en France, il n’est pas rare d’avoir 30 élèves par classe. Nous avons les classes les plus surchargées, les plus surchargées d’Europe. Et c’est beaucoup plus facile Adrien, de faire cours quand il y a peu d’élèves car on peut accompagner tous les élèves.
Mais il faut plus d’enseignants si on met en place tous ces groupes.
Oui, l’école publique en France manque d’enseignants et de moyens financiers. Les syndicats ne savent pas s’il y aura suffisamment de professeurs à la rentrée prochaine. Or, ces groupes, il faut les encadrer. Donc là aussi, ils ne comprennent pas la situation.
Enfin, que demandent pour finir les enseignants ?
Alors ils demandent… ils se mobilisent beaucoup, ils font beaucoup grève, vous l’avez dit. Ils demandent le retrait de la réforme. Le retrait, c’est quoi ? C’est retirer ce texte. Et si la réforme n’est pas retirée, eh bien, certains établissements vont désobéir, c’est-à-dire qu’il ne l’appliquera pas.
Merci beaucoup Laurence, Laurence Théaud de retour de la manifestation parisienne aujourd’hui des enseignants.
Juste avant de refermer ce journal, la mort d’une grande voix de la littérature francophone, l’écrivaine d’origine guadeloupéenne Maryse Condé s’est éteinte à l’âge de 90 ans. Maryse Condé a notamment écrit une trentaine de livres sur l’Afrique, l’esclavage ou encore les identités noires. Elle a longtemps vécu sur le continent africain, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée ou encore au Sénégal. Elle était l’invité de RFI en 2017. Elle répondait aux questions de Sayouba Traoré.
« Je crois que l’essentiel de ce qui nourrit ma créativité a toujours été de déplaire aux gens. Je pense qu’il faut regarder tout ce que j’écris sous cet angle. Autrement, on m’ampute de quelque chose qui est absolument essentiel. J’ai été élevé, comme beaucoup d’antillais, dans une sorte de moule. Avoir un certain nombre d’idées, de réactions, de comportements pour plaire à l’image, toujours provenant de colonisateurs, de maîtres blancs. Donc, je crois que dès l’enfance, cette soumission à un modèle m’a déplu et que je me suis efforcée de ne pas du tout m’y conformer. »
Maryse Condé sur Radio France Internationale avec Sayouba Traoré, c’était en 2017. L’écrivaine, d’origine guadeloupéenne, s’est éteinte aujourd’hui à l’âge de 90 ans et c’est avec Maryse Condé que se referme ce journal. Merci à tous de l’avoir écouté.
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