La cérémonie de livraison du Cayor, dernier des trois patrouilleurs du type OPV 58S destinés à la marine sénégalaise, s’est déroulée le mardi 16 avril au chantier Piriou de Concarneau.
Le Cayor va bientôt rejoindre au Sénégal ses deux aînés, le Walo et le Niani, respectivement livrés par le constructeur breton en juin et novembre 2023, ces deux bâtiments étant arrivés à la base navale de Dakar en août 2023 et janvier 2024.
Ce contrat, signé par Piriou en novembre 2019 et entré en vigueur en septembre 2020, a représenté pour le groupe breton plus de 600.000 heures de travail. En plus de Concarneau, qui a intégralement réalisé la tête de série, le programme a aussi mobilisé le chantier Kership (société commune de Piriou et Naval Group) de Lanester, près de Lorient, qui a produit les coques des deuxième et troisième patrouilleurs, remorquées ensuite dans le Finistère pour leur achèvement. « Nous avions à coeur d’être digne de la confiance que le Sénégal a placée en nous, à coeur de construire des navires aux capacités de dissuasion et de projection remarquables. Nous avons conçu et construit des patrouilleurs de nouvelle génération, qui permettent de renforcer encore la posture de défense de la marine sénégalaise et de couvrir l’ensemble des missions d’action de l’État en mer qui lui incombent », a déclaré Vincent Faujour, président de Piriou, lors de la cérémonie de livraison du Cayor, qui s’est déroulée en présence l’ambassadeur du Sénégal en France, El Hadji i Magatte Seye et de l’amiral Abdou Sene, chef d’état-major de la marine sénégalaise.
Les OPV 58S sont les premières plateformes de combat réalisées par le constructeur concarnois (qui avait jusque-là surtout œuvré dans le marché de la défense sur le segment des bâtiments de soutien) et les plus puissantes unités de la flotte sénégalaise, qui dispose avec elles de ses premiers bâtiments lance-missiles.
Le Cayor lors de ses essais.
Longs de 62 mètres pour une largeur de 9.5 mètres et un déplacement de 600 tonnes en charge, ces patrouilleurs ont été conçus pour atteindre la vitesse de 21 nœuds et franchir 4500 nautiques à 12 nœuds, leur autonomie sans ravitaillement étant de trois semaines. Ils peuvent mettre en œuvre quatre missiles antinavire Marte Mk2/N (installés au Sénégal) et un système surface-air Simbad-RC (deux missiles Mistral 3 à poste) fournis par MBDA, une tourelle de 76 mm Leonardo et deux canons téléopérés de 20 mm Narhwal de Nexter. En matière d’électronique, ils sont équipés d’un radar de surveillance Scanter (Terma) et d’un radar de navigation Sperry Marine, ainsi que de deux systèmes optroniques fournis par Safran : un Paseo XLR au-dessus de la passerelle à l’avant et un Vigy Observer vers l’arrière. Les capteurs et l’armement sont gérés par un système de combat de la gamme Polaris de Naval Group.
Le Walo début 2023 lors de ses essais.
Armés par 24 marins, les nouveaux patrouilleurs sénégalais peuvent accueillir 24 personnels supplémentaires, par exemple une équipe d’intervention, des commandos ou des plongeurs. Ces bâtiments, taillés pour la surveillance et la protection de la zone économique exclusive du Sénégal, mais aussi le combat littoral et hauturier, peuvent effectuer des missions de contrôle maritime, de lutte contre les trafics illicites ou des opérations spéciales au moyen de deux semi-rigides de 7 mètres installés sur des rampes à la poupe. La plage arrière permet par ailleurs de loger deux conteneurs de 20 pieds. Elle est dotée d’une grue Guerra d’une capacité de levage de 7 tonnes à 8.5 mètres.
– Voir notre reportage à bord du Niani
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