C’est à Washington, vendredi dernier, qu’a été scellé avec une délégation nigérienne l’accord sur le départ des Américains. Leur présence n’est plus souhaitée au Niger. Après les voisins du Burkina Faso et du Mali, c’est un pays sahélien de plus qui acte la fin de la présence militaire occidentale sur son territoire. L’accord de coopération qui liait les Etats Unis et le Niger depuis 2012 a donc été dénoncé. Cet événement n’est pas une mince affaire. Quelque 1000 soldats américains doivent plier bagage, et quitter la base d’Agadez dans le nord du Niger où ils étaient tous stationnés. C’est la deuxième plus grande base des États-Unis sur le continent africain. Faire partir ces hommes et leur matériel représente un effort logistique complexe. Mais ensuite et surtout, ce départ constitue un véritable désaveu pour la diplomatie américaine. C’est donc une affaire sensible à gérer.
Un départ qui sonne comme un désaveu !
l y a peut-être eu un ou deux sourires rapidement esquissés parmi les diplomates français qui ont appris la nouvelle de ce départ. Il faut se souvenir que leurs homologues américains les avaient un peu « lâchés » sur le dossier nigérien en adoptant une posture très différente de celle de la France après le putsch militaire en juillet de l’année dernière. Le président français a joué la carte du droit, appelé au rétablissement de l’ordre constitutionnel et misé sur une éventuelle intervention des partenaires régionaux. Les Américains eux, ont opté pour une approche…disons plus conciliante. Ils ont maintenu leur ambassadrice sur place. Le notre a fini par devoir quitter le pays, ainsi que tous nos militaires.
Les Américains eux sont même allés jusqu’à discrètement reconnaître la junte comme interlocutrice officielle sur place, au détriment du président démocratiquement élu puis déposé par la junte, le président Bazoum. Sans doute les Américains espéraient-ils ainsi s’acheter les bonnes grâces des putschistes et ainsi pouvoir protéger leurs intérêts sur place et poursuivre leurs opérations anti jihadistes dans la région.
Il faut rappeler que le Niger qui dispose de frontières avec sept pays d’Afrique de l’ouest est crucial pour la surveillance régionale. Mais au final, l’Amérique est également devenue persona non grata. Elle subit ainsi le même sort que la France mais avec seulement quelques mois de répit.
Cui bono ? Les jihadistes, les Russes, les Iraniens et d’autres en embuscade…
Sans doute à nos ennemis que sont les djihadistes et auxquels ces départs vont davantage laisser le champ libre dans cette zone. A nos adversaires russes qui sont évidemment à la manœuvre. Ils viennent d’ailleurs de débarquer du matériel militaire et des instructeurs à Niamey, la capitale du Niger. Leurs alliés iraniens sont également en embuscade. Eux s’intéressent aux ressources en uranium du pays. Tout cela ne profitera probablement pas à une population locale qui souffre des sanctions imposées par les voisins régionaux suite au coup d’Etat. Cette population souffrira aussi des éventuels gains enregistrés par les jihadistes suite au départ des Occidentaux .
Il y a un homme pour qui tout ceci n’est assurément pas une bonne nouvelle. Le président Bazoum dont il faut rappeler qu’il est toujours en résidence surveillée.
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