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Dans l’histoire de l’aviation, le 13 mai 1930 demeure une date mythique. A bord de l’hydravion Latécoère 28.3 baptisé le Comte-de-la-Vaulx, l’équipage dirigé par Jean Mermoz est le premier à réaliser la liaison commerciale entre Saint-Louis (Sénégal) et Natal (Brésil).
Un voyage avec escales
Pourtant, trois ans auparavant, cette traversée de l’Atlantique Sud a été réalisée par celui du capitaine Pierre de Saint-Roman. Cet aviateur a alors pour ambition de se rendre en Amérique du Sud par la voie des airs et d’y effectuer une tournée avec escales dans les plus grandes villes du continent. Le comité Paris-Amérique Latine (P.A.L), qui a vocation d’aider financièrement les initiatives entre l’Europe et l’Amérique du Sud, soutient le projet de cet audacieux toulousain, originaire de Fourquevaux (Haute-Garonne), dans le Lauragais.
Un héros de guerre piqué d’aviation
Comme beaucoup d’hommes de sa génération, ce brillant militaire voue une passion pour l’aviation naissante. Lui, qui s’est distingué durant le premier conflit mondial par de nombreux actes de bravoure, passe son brevet de pilote militaire à l’Ecole de Pau (Pyrénées-Atlantiques) le 19 août 1918. Après l’armistice, il poursuit dans cette voie.
En 1924, il demande un congé sans solde aux Etablissement Descamps pour lesquels il est directeur commercial afin de réaliser son rêve : la traversée aérienne de l’Amérique Latine. Encouragé par le P.A.L, il choisit un bimoteur Goliath, sorti des usines Farman installées à Boulogne-Billancourt, qui peut-être transformé en hydravion. Cet ambitieux inexpérimenté, qui ne cumule que 250 heures de vol, s’adjoint les services du lieutenant de vaisseau Marcel Mouneyrès et du mécanicien Ernest Mathis.
Ils décollent de l’étang de Berre
Les trois hommes quittent l’Hexagone depuis l’étang de Berre (Bouches-du-Rhône) vers Casablanca. L’appareil, obligé d’amerrir en pleine mer, est endommagé. Réparé, il est remis sur roues. Le Service de Navigation Aérienne, qui avait autorisé la traversée accordée à l’hydravion, annule leur certificat de navigabilité. Mais Saint-Roman, Mouneyrès et Mathis décident de poursuivre leur aventure.
Les restes de l’appareil retrouvés par des pêcheurs brésiliens
Le 5 mai 1927, à 6h30, ils décollent en emportant 5 000 litres d’essence, pour une autonomie correspondant à 28 heures. A 10h38, on capte une dernière fois leurs signaux radio avant de perdre leur trace.
Mais le 18 juin, des pêcheurs découvrent un radeau de fortune constitué d’éléments de l’avion. Galleyrand, un ancien mécanicien de Farman, dépêché sur place, confirme l’authenticité de ces débris. Pour Christophe de La Fage et Christian Domengeau Viguerie, qui travaillent à la réhabilitation de Saint-Roman : « On a donc la certitude qu’ils sont arrivés vivants sur la terre ferme de la côte du Brésil, mais qu’ils n’ont pas pu atteindre l’intérieur des terres à cause d’une falaise infranchissable. On subodore fortement que le radeau qu’ils avaient confectionné a dérivé et qu’ils ont chaviré et ne sont donc pas revenus vivants. »
Mathieu Arnal
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