Voici sa tribune : « La part des femmes dans les métiers et disciplines scientifiques et numériques reste minoritaire en France. Un déséquilibre qui va croissant et se révèle handicapant pour la compétitivité de notre économie, comme pour la vitalité de notre recherche. De telles disparités témoignent de la persistance de stéréotypes fondés sur le genre malgré des figures historiques comme Marie Curie. Dans ce contexte, la nomination comme Première ministre d’Élisabeth Borne, une femme à la formation scientifique, et la réintroduction des mathématiques dans le tronc commun d’enseignement constituent des signaux positifs qu’il faut mettre à profit pour réconcilier les femmes avec les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (Stem).
Il y a urgence car le divorce n’a cessé de grandir ces dernières années, et il commence dès l’école. Les chiffres en témoignent : près de la moitié des filles ont abandonné les mathématiques en fin de seconde en 2021, alors qu’elles étaient jusqu’en 2018 plus de 80 % à poursuivre un enseignement de mathématiques. Résultat : leur part dans l’enseignement de spécialité mathématique en terminale est redescendue au-dessous du niveau de 1994 !
40 % des filles en seconde pensent qu’elles peuvent réussir en sciences dures contre 60 % des garçons, quand bien même leurs performances sont égales voire supérieures. Un rapport de l’Unesco consacré au genre démontre que les capacités d’apprentissage filles-garçons s’avèrent à peu près identiques en mathématiques.
Lire aussi – INFO JDD. Les lycéennes ne représentent que 13% des élèves en spécialité numérique, contre 80% en lettres
Ce déséquilibre se traduit dans la vie professionnelle : 76 % des employés du secteur technologique sont des hommes. Dans l’informatique, on ne compte que 27 % de codeuses. Constat similaire dans la recherche en sciences : 28 % seulement sont des femmes. Or, dans le même temps, le déficit de scientifiques en France apparaît préoccupant. Il manquerait 20 000 ingénieurs pour satisfaire les besoins de l’économie. La numérisation de l’économie, les besoins en matière de cybersécurité, d’intelligence artificielle, l’omniprésence des technologies dans notre quotidien exigent que nos jeunes, et singulièrement nos jeunes femmes, soient suffisamment nombreux (ses) à recevoir une formation scientifique de bon niveau.
«
L’objectif, à terme, est de convaincre 10 000 filles supplémentaires de suivre l’option ‘maths expertes’
«
Pour cela, il convient d’abord de lutter contre les stéréotypes de genre, et de communiquer largement sur l’intérêt des études scientifiques pour les femmes. Les emplois à pourvoir dans le domaine des Stem sont nombreux, rémunérateurs, gage d’indépendance et parfaitement adaptés à des candidatures féminines. Il s’agit bien sûr de faire un effort au niveau de la scolarité : l’objectif, à terme, est de convaincre 10 000 filles supplémentaires de suivre l’option « maths expertes ». Il appartient aussi aux entreprises et aux laboratoires de recherche de s’assurer que le cadre professionnel répond aux besoins des femmes. Ceci suppose un management attentif, des évolutions de carrière respectueuses des compétences et des désirs des femmes, une équité salariale avec les hommes et un équilibre préservé entre vie professionnelle et vie privée. Dans ces conditions, nul doute que les femmes pourront réinvestir les filières et les métiers scientifiques. Au bénéfice de tous ! »
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.