C’est un appel à l’aide lancé au milieu de la confusion politique qui secoue le Sénégal depuis un mois. « Il faut sauver la saison touristique avant qu’il ne soit trop tard ! », alertait, lundi 4 mars, Moussa Yero Dansokho, gérant de trois hôtels trois étoiles situés à Kédougou, à plus de 700 km de Dakar et quelques encablures du parc national du Niokolo-Koba. Depuis l’annonce du report de la présidentielle « sine die », le 3 février, son activité s’est effondrée. « J’ai perdu près de 70 millions de francs CFA en un mois [106 714 euros]», évalue-t-il.
D’ordinaire à la même période, une clientèle internationale et familiale se presse vers ses campements, attirés par la nature foisonnante et les cascades qu’offre le parc situé dans le sud-est du pays, à la frontière guinéenne et classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Sans oublier les amateurs de chasse, Français en tête, qui affluent pour y traquer phacochères, lapins et oiseaux. « Quand ils ont vu les images des manifestations début février, les clients étrangers ont annulé leur venue », déplore l’hôtelier pour qui la saison de chasse, de janvier à avril, est une aubaine. « Sur 47 réservations en février, une dizaine seulement a été maintenue. Quand un amateur de chasse annule un séjour de quinze nuitées, c’est l’équivalent de 2 300 euros qui s’envolent pour nous », explique M. Dansokho, dont l’établissement emploie une cinquantaine de personnes.
Pour lui comme pour tous les acteurs économiques sollicités, l’urgence était qu’une date d’élections soit fixée afin de dissiper ce brouillard d’incertitude. Le président Macky Sall et le Conseil constitutionnel ont entendu leurs exhortations jeudi. Les électeurs sénégalais sont convoqués pour le premier tour de l’élection présidentielle le dimanche 24 mars tandis que la campagne électorale doit débuter samedi à la première heure.
« La clé sous la porte »
Le temps pressait pour le secteur du tourisme, deuxième pourvoyeur en devises et en emplois du Sénégal. Sur la Petite Côte, bordée de stations balnéaires, les professionnels font aussi grise mine. De Saly, enclave prisée des touristes français et des Dakarois qui viennent s’y détendre en fin de semaine, Boubacar Sabaly suit avec fébrilité les soubresauts politiques de la capitale. Depuis le report, le gérant d’un hôtel quatre étoiles planté face à l’Atlantique a perdu ses touristes internationaux. « Même s’il n’y a pas eu de violences à Saly, le climat de tension effraie les étrangers. Ils se disent que ça peut dégénérer à tout moment. C’est un vrai coup dur après le Covid, les émeutes de mars 2021 et celles de juin 2023. On venait à peine de se relever. » Il emploie 114 personnes en haute saison.
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