Port-au-Prince, « capitale assiégée » après l’évasion de plus de 5 000 criminels

Le gouvernement haïtien vient de décréter l’état d’urgence et un couvre-feu, après l’évasion de dangereux prisonniers : les autorités veulent reprendre Port-au-Prince, « capitale assiégée ! », s’indigne  le journal haïtien Le National. Si les bandes armées contrôlaient déjà 80% de Port-au-Prince,  selon la BBC, depuis jeudi dernier, la situation a encore empiré. « Les gangs, qui ont fait parler la poudre, ont laissé derrière eux un cortège de feu, de sang, de cadavres, de dommages inestimables et de peur », déplore  Le Nouvelliste. Le quotidien haïtien ainsi que la  BBC et  Radio-Canada expliquent comment ces groupes criminels, ennemis jurés, ont décidé d’unir leurs forces pour chasser du pouvoir le Premier ministre Ariel Henry, alors qu’il se rendait au Kenya, pour signer un accord sur le déploiement d’un millier de policiers kényans dans le pays des Caraïbes, dans le cadre d’une mission internationale soutenue par l’ONU. Un ancien policier devenu chef de gang, Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », a expliqué vouloir empêcher le retour d’Ariel Henry de Nairobi, indique le  Guardian.

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Attaques coordonnées : jeudi, ces gangs armés ont attaqué « méthodiquement » des sites stratégiques, ils ont incendié des commissariats, « afin de disperser les forces de l’ordre et de s’en prendre, ensuite, aux deux plus grandes prisons d’Haïti, rapporte  Le Nouvelliste. Près de 4 000 détenus se sont évadés du pénitencier national de Port-au-Prince, dans la nuit de samedi à dimanche. Les gangs ont aussi libéré, violemment, 1 500 criminels de la prison de la Croix des Bouquets, à l’est de la capitale. Parmi les évadés, figurent des détenus inculpés pour l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, mais 90 anciens soldats colombiens, emprisonnés pour ce meurtre, ont préféré rester dans leurs cellules de peur d’être tués sous des tirs croisés, indiquent la BBC et  El Pais. Au moins une dizaine de détenus sont morts, lors de ces évasions violentes, ainsi que cinq policiers depuis jeudi, estime  Radio-Canada.

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Police démoralisée et démunie face au chaos : alors que la Police haïtienne compte environ 9 000 agents, note le quotidien britannique le  Guardian, pour assurer la sécurité de plus de 11 millions de personnes, Jean-Daniel Sénat journaliste au Nouvelliste à Port-au-Prince, décrit la situation sur Radio-Canada : « on a l’impression que la police nationale d’Haïti est en train de perdre la bataille psychologique. Les gens ont besoin d’être rassurés, la population a besoin d’être rassurée », répète-t-il. En Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques, rappelle la BBC, 8 400 personnes ont été victimes des gangs l’an dernier, soit deux fois plus qu’en 2022. Le Kenya et Haïti ont signé, vendredi, un accord pour l’envoi de policiers kényans dans l’île, gangrenée par les gangs. Le Parlement kényan avait validé ce déploiement, avant que celui-ci ne soit bloqué par une décision de justice fin janvier. Fin février, cinq pays, dont le Bénin avec plus de 1 500 hommes, ont notifié à l’ONU leur participation à la future mission, précise  Le National.

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« Comme pour souligner que le pire est à venir », titre  Le Nouvelliste. Le journal haïtien s’inquiète de la mise en scène de l’horreur : des gangs haïtiens ont diffusé, sur les réseaux sociaux, leurs exactions, notamment en mutilant des policiers. L’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince invite ses ressortissants à quitter Haïti dès que possible. Alors qu’aucune élection ne s’est tenue dans le pays des Caraïbes depuis 2016, relève la BBC, le Premier ministre Ariel Henry, non élu, devait se retirer le 7 février, mais il ne l’a pas fait. « À cette phase, la honte devrait envahir les élites, qui, par leur insouciance et mesquinerie, ont conduit le pays à ce chaos », conclut  un éditorial du journal haïtien Le National.

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La vice-présidente américaine Kamala Harris appelle à un « cessez-le-feu immédiat » à Gaza

Dans la critique la plus virulente, à ce jour, de la part de l’administration américaine contre Israël, soulignent le  New York Times, mais aussi le Times of Israel ou encore le  Guardian, Kamala Harris estime que le gouvernement de Benjamin Netanyahu « doit en faire davantage pour augmenter de manière significative le flux d’aide humanitaire » à Gaza, alors que l’enclave palestinienne est menacée de famine. « Les otages doivent retrouver leurs familles et compte tenu de l’ampleur des souffrances à Gaza, il faut un cessez-le-feu immédiat », a déclaré la vice-présidente américaine Kamala Harris, très applaudie, lors de son discours, dimanche, dans l’Alabama. « Un cessez-le-feu pour les six prochaines semaines, au moins, est sur la table. Le Hamas dit vouloir un cessez-le-feu, et bien l’accord est sur la table », a insisté Kamala Harris, dans une allocution notamment relayée sur  MSNBC

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Frustration grandissante de l’administration Biden face au gouvernement Netanyahu : Le  New York Times et le  journal israélien Haaretz sont catégoriques : les propos de Kamala Harris traduisent la « frustration grandissante » de l’administration Biden. Qui plus est, après la mort d’une centaine de Palestiniens jeudi dernier : si « les médias israéliens sont passés à autre chose », relève  le quotidien de gauche Haaretz, pour la communauté internationale, « Israël est désormais le principal responsable de l’immense souffrance des habitants de Gaza » et les attaques terroristes commises par le Hamas le 7 octobre « ne justifient pas son comportement actuel ». « Des centaines de milliers de Palestiniens errent assoiffés et affamés, vivant de graines pour volailles, d’herbe et d’eau contaminée », poursuit  Haaretz dans un autre article. Les États-Unis et la Jordanie ont parachuté, samedi, 38 000 repas dans Gaza, rappelle  CNN, mais c’est une goutte d’eau dans un océan de souffrance, selon la chaîne qatarie Al Jazeera.

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Enjeu, également, de la présidentielle américaine de novembre :  Le quotidien Haaretz et le  New York Times rappellent par ailleurs, depuis Tel Aviv, que « la guerre à Gaza a nui à Joe Biden auprès des électeurs de gauche ». A huit mois de la présidentielle américaine, alors qu’il cherche à se faire réélire cette année, l’aile gauche des démocrates et des électeurs musulmans du Michigan, un État clé dans son affrontement à venir contre Donald Trump, pourraient bien faire défaut au président américain. Pour montrer que l’administration Biden prépare l’après-guerre voire l’après-Netanyahu, remarquent la  BBC et le  Times of Israel, Kamala Harris doit rencontrer, ce lundi à Washington, le ministre israélien Benny Gantz, principal rival politique de Benjamin Netanyahu, ce qui a rendu « fou furieux » le Premier ministre israélien.

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