The Line, la ville dystopique inachevée, veut installer un train supersonique inachevé

The Line, le projet de ville de 170 km de long et de 500 mètres de hauteur dans le désert saoudien, pourrait se doter d’un Hyperloop. Mais la technologie, qui devait permettre de révolutionner les transports à grande vitesse, est toujours en phase de test depuis plus de 10 ans.

The Line, la ville dystopique dans le désert actuellement en construction en Arabie saoudite, est d’ores et déjà un projet fantasque, qui semble irréalisable. Mais une nouvelle information vient encore ajouter des doutes quant à la faisabilité du projet : l’ajout d’un Hyperloop, une technologie de plus en plus controversée.

C’est dans un discret message sur X (ex-Twitter) que les équipes de The Line ont mentionné le fait qu’un Hyperloop pourrait être construit dans la future ville. Alors que Neom, le vaste projet d’aménagement du territoire saoudien auquel The Line est adossé, venait de partager de nouvelles photos des travaux, un internaute a commenté la publication et demandé quels seraient les moyens de transports au sein de la ville.

La réponse de Neom n’a pas tardé. « La mobilité sera tout d’abord assurée par des trains à grande vitesse. Au fur et à mesure que notre population augmentera, nous devrons faire face à plus de demandes de transport, et l’une des options pourrait être une technologie de pointe comme l’Hyperloop. »

Un projet irréalisable pour une ville totalement dystopique

Imaginés par Elon Musk en 2013, les Hyperloops ont été présentés comme une révolution dans les transports en commun. C’est une sorte de capsule, circulant dans des tubes à basse pression avec de la propulsion par champ magnétique, ce qui permettrait d’atteindre la vitesse de 1200 km/h. L’idée avait été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme, et de nombreuses entreprises s’étaient lancées dans l’aventure, avec pour but de prouver la faisabilité de l’idée.

Mais plus de 10 ans plus tard, quasiment aucun essai n’a abouti, et de nombreuses entreprises ont baissé les bras. Bien que d’autres tests soient toujours en cours, notamment en Italie et en Chine, aucun n’a jamais atteint la vitesse de 1000 km/h annoncée par Elon Musk — l’Hyperloop chinois, développé par la société Casic, a seulement dépassé les 600 km/h lors d’un test réalisé en février 2024.

Le fait que Neom veuille se doter d’un Hyperloop peut paraitre farfelu. D’une part, rien ne dit que les tests des Hyperloops seront un jour concluants. D’une autre, de nombreux obstacles pourraient empêcher la construction d’un tel projet : l’infrastructure qui doit être construite pour qu’un Hyperloop puisse fonctionner est imposante, et nécessite des investissements conséquents. Au Canada, un projet Hyperloop qui devait relier les villes d’Edmonton et Calgary, distantes de 300 km, avait été évalué à 18 milliards de dollars, rappelle BFMTV, à 60 millions de dollars par kilomètre de piste construit.

Hyperloop One // Source : Wikimedia Commons
Hyperloop One // Source : Wikimedia Commons

Enfin, il y a des questions de santé à prendre en compte : une vitesse à plus de 1000 km/h pourrait être néfaste pour le corps. Ainsi, certains projets d’Hyperloops, comme Hyperloop One, avaient été pensés pour transporter des marchandises, et non des personnes. Il s’agit encore d’un problème que The Line devrait résoudre — or, la ville fait déjà face à de nombreuses difficultés.

La construction de la ville en elle-même a pris du retard, a appris Bloomberg en avril, et elle ne sera pas complètement achevée en 2030, comme initialement annoncé. Au lieu de faire 170 km de long, la ville n’en fera à cette date que 2,4 km, soit à peine plus d’1 % de la longueur totale. Les attentes au niveau de la population ont également baissé : au lieu des 9 millions d’habitants attendus, les autorités indiquent désormais que seulement 300 000 personnes vivront au sein de The Line.

Cette débâcle arrive alors que l’Arabie saoudite peine à financer le projet Neom, estimé à 1 500 milliards de dollars. Jusqu’à présent, c’était le fonds souverain du pays qui s’occupait de régler les factures, mais le royaume a récemment commencé à chercher d’autres sources de financement. L’Arabie saoudite a sollicité plusieurs prêts bancaires, et a même essayé, en vain, d’attirer des investisseurs chinois.


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