Laurent Bonardi: Corse de naissance, le Sénégal au cœur | APAnews

Très actif sur les réseaux sociaux, Laurent Bonardi souhaite contribuer de manière très appréciée par ses abonnés à la marche vers un nouveau Sénégal.

Sur le réseau social X (anciennement Twitter), le nom de son profil associé au drapeau sénégalais semble intriguer certains de ses abonnés. Ce n’est pas tous les jours qu’ils voient un « toubab »(expression désignant un étranger blanc en Afrique de l’Ouest) évoquer publiquement sa nationalité sénégalaise et la revendiquer fièrement comme le fait Laurent Bonardi. Né en Corse, dans le sud de la France, ce Franco-Sénégalais est arrivé au Sénégal il y a douze ans, après avoir voyagé en Amérique, en Asie et en Afrique.

De ces voyages, il a acquis une grande expérience en sciences de l’éducation qu’il met désormais au service du Sénégal. Il n’hésite pas à partager cette expertise sur les réseaux sociaux, renforçant ainsi sa renommée auprès de ses nombreux followers. « J’ai débuté ma carrière en tant qu’enseignant-chercheur dans diverses universités tout en conseillant des élus dans mon île d’origine. Puis, j’ai ressenti le besoin de contribuer au changement d’une autre manière, en dirigeant des établissements et des groupes éducatifs internationaux aux États-Unis, aux Émirats arabes unis et en Afrique de l’Ouest. J’ai également eu l’occasion de travailler comme conseiller à Abu Dhabi », explique ce docteur en Sciences humaines.

Son histoire d’amour avec le Sénégal a débuté il y a une décennie. Arrivé en tant qu’ « immigré » – un terme qu’il préfère à « expatrié » – M. Bonardi s’est rapidement intégré sous le soleil sénégalais. Au fil des années, cet expert en éducation et en politiques éducatives a adopté la culture de son pays d’adoption, malgré les préjugés souvent associés à sa région d’origine en France.

Engagement politique

« La Corse n’est pas critiquée pour son racisme. Beaucoup de gens confondent cela avec le mouvement indépendantiste qui milite pour l’indépendance de l’île », précise-t-il, affirmant sa « fierté d’être devenu citoyen sénégalais » et son soutien à Bassirou Diomaye Faye lors de la dernière élection présidentielle.

Sur chaque sujet d’envergure qui anime la vie de la cité, Laurent Bonardi analyse, prend position et partage son opinion sur les réseaux sociaux, suscitant des échanges instructifs. C’est ce qui l’a motivé, entre autres, à s’engager aux côtés du cinquième président sénégalais, à contribuer à une gestion plus moderne du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) et à promouvoir une politique culturelle liée au tourisme.

« Au-delà de toute considération politique, devenir Sénégalais signifie bien plus pour moi qu’une simple question de papiers. J’ai toujours œuvré pour mon pays, le Sénégal, et pour mes compatriotes sénégalais. Je crois fermement en la citoyenneté active, celle qui consiste à travailler quotidiennement pour le bien commun. Le Sénégal regorge d’exemples inspirants dans ce domaine », souligne-t-il.

Fort de son expertise en sciences de l’éducation, l’expert franco-sénégalais est convaincu que « l’éducation est l’investissement le plus puissant qu’un État puisse faire, car miser sur le capital humain donne à une nation les moyens de réussir ». Il encourage donc les nouvelles autorités à en faire une « priorité », alors que la qualité de l’enseignement public est de plus en plus critiquée, malgré les affirmations des anciens dirigeants selon lesquelles près de 40 % du budget national étaient alloués à ce secteur.

Un livre sur l’éducation sénégalaise

Pour répondre aux diverses problématiques de l’éducation sénégalaise, Laurent Bonardi développe des solutions dans son prochain livre, « Horizons du savoir », à paraître aux Nouvelles éditions africaines du Sénégal (NEAS). Selon lui, le Sénégal dispose de suffisamment de ressources pour créer « son propre modèle  » éducatif, tout en s’inspirant de ce qui fonctionne bien ailleurs.

Dans cet ouvrage, il aborde des questions telles que les infrastructures, les approches et les contenus pédagogiques, l’inclusion des élèves en situation de handicap, l’enseignement technique et professionnel, ainsi que la formation des enseignants. « Mon intention n’est ni de sermonner ni de critiquer, mais plutôt de contribuer à la réflexion dans un domaine où j’ai développé une expertise au cours des vingt dernières années », précise ce Sénégalais d’origine corse, qui porte également un regard sur l’évolution « diversifiée et complexe » des autres pays africains.

Telle une lumière en Afrique, le Sénégal, réputé pour sa démocratie, a récemment confié la gestion du pays à des dirigeants se déclarant souverainistes. Ailleurs sur le continent, des citoyens et des organisations de la société civile ne cessent de militer pour le retour à des États plus démocratiques.

« Comme sur les autres continents, il existe des différences notables d’un pays à l’autre. Je constate néanmoins un dénominateur commun : les attentes croissantes des nouvelles générations en matière de transparence, de souveraineté, de développement durable et de volonté de promouvoir une citoyenneté active. Dans le même temps, il y a une volonté de préserver certaines valeurs, ce qui est très encourageant car elles sont garantes de l’identité », conclut le Franco-Sénégalais.

ODL/ac/APA

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.