LVMH veut voir l’IA en grand

Paris – Synthèse de documents, relation client, gestion
des stocks et… source d’inspiration pour ses créateurs : l’intelligence
artificielle devient incontournable pour le numéro un mondial du luxe LVMH,
qui s’associe pour son développement à des géants comme Google ou Alibaba.

« Notre perspective (…) c’est de couvrir l’ensemble de la chaîne de
valeur », en utilisant de l’IA à toutes les étapes, du développement des
produits jusqu’à la vente, en passant par la production, a expliqué mardi
Franck Le Moal, directeur technologique du groupe français.

Dès 2021, LVMH avait annoncé un partenariat avec Google pour « accélérer
l’innovation et développer de nouvelles solutions d’intelligence
artificielle », notamment dans le domaine de la « prévision de la demande et
d’optimisation des stocks ».

Désormais, au-delà de ces usages d’IA classique, s’appuyant par exemple sur
la détection par la machine de tendances dans les données, c’est l’IA
« générative » ou « GenIA », qui s’impose.
Capable de formuler des phrases cohérentes et souvent justes, à partir de
simples questions ou demandes formulées par un utilisateur, la technologie a
connu un coup d’accélérateur avec l’accès libre à ChatGPT du pionnier
américain de l’IA, OpenAI, dans lequel Microsoft a investi 13 milliards de
dollars.

ChatGPT et Alibaba

Chez LVMH, quelque 4.000 à 5.000 personnes utilisent chaque jour « MaIA »,
une IA interne basée sur ChatGPT, par exemple pour synthétiser des documents
ou des traductions.

Les conseillers clients utilisent déjà l’IA et bientôt l’IA générative.
Grâce à l’IA traditionnelle, l’IA permet déjà de cibler plus efficacement
les clients à l’arrivée d’une nouvelle collection. La GenIA pourra « générer
des textes qui sont très appropriés, très personnalisés » que le vendeur pourra
retravailler, selon Gonzague de Pirey, directeur notamment des données au sein
de LVMH.

Pour son plus gros marché, la Chine, le groupe a annoncé mercredi
l’élargissement, pour une durée de cinq ans, de son partenariat avec le
mastodonte chinois de la tech Alibaba pour « augmenter sa présence » en Chine,
notamment avec l’utilisation de l’IA.

En Chine, « vous devez utiliser [une IA] chinoise », a expliqué M. Le Moal
mercredi.
La collaboration avec Alibaba permettra « d’améliorer ses opérations
commerciales, de mieux connaître ses clients et d’optimiser ses processus de
gestion de distribution, de gestion de stocks, pour répondre aux enjeux du
marché chinois », selon un communiqué.

LVMH, qui détient les marques Louis Vuitton, Berluti, Fendi, Christian Dior
ou encore Guerlain, « a déjà commencé à intégrer » les services d’IA générative
du groupe chinois dans le but de créer des « applications et services » pour le
marché chinois.

LVMH n’a « aucun état d’âme pour travailler » avec les géants de la tech,
selon M. Le Moal – à condition de ne partager aucune donnée sensible.
« On est extrêmement vigilants », a souligné le responsable.

Inspiration

L’IA va même jusqu’à s’infiltrer dans la conception technique et créative
des produits.
« On considère que c’est un sujet très important, très stratégique pour le
groupe et qui va quand même fondamentalement transformer la façon de
travailler », a souligné M. de Pirey.
Dans la cosmétique, par exemple, déceler quelques bonnes formulations de
produits cosmétiques parmi des milliers prend « un mois ou deux » avec l’IA.
Autrefois cette recherche pouvait prendre « des années », selon lui.

Sans remplacer la créativité humaine, « on est absolument convaincu que,
tout au long du processus de création, il y a des outils, notamment d’IA
générative, qui peuvent venir aider » les créateurs, pour l’inspiration ou la
création avec, par exemple, la possibilité « de transformer un dessin en objet
3D », a détaillé M. de Pirey.

Exemple concret, les huit trophées décernés au salon VivaTech à des
start-up ont été conçues par Luca Albero, créateur des célèbres vitrines Dior,
avec l’aide d’une IA, qui a proposé plusieurs déclinaisons différentes. (AFP)

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