Débat sur les modèles d’IA: Open source vs propriétaires
Il existe un grand débat dans le monde de la technologie sur la question de savoir si les modèles d’intelligence artificielle devraient être «open source» ou «propriétaires».
L’open source repose sur un principe de transparence et de collaboration ouverte. Le code source des logiciels et modèles d’IA est rendu public, permettant à quiconque de l’inspecter, le modifier et le redistribuer librement. Cela favorise l’innovation participative au sein d’une communauté hétérogène de développeurs. L’open source est souvent associé à une philosophie prônant la liberté d’accès et la démocratisation de la technologie. Les avantages incluent une plus grande flexibilité de personnalisation, l’indépendance vis-à-vis d’un fournisseur unique et des coûts généralement plus faibles. Cependant, le support et les mises à jour peuvent être moins fiables, et les enjeux de sécurité et de responsabilité nécessitent une gouvernance rigoureuse.
À l’inverse, le modèle propriétaire garde le code source et les modèles confidentiels, accessibles uniquement à l’entreprise détentrice. Cela permet de protéger les secrets commerciaux et la propriété intellectuelle. Le développement est contrôlé par un seul acteur, souvent dans un but lucratif. Les avantages sont un support technique professionnel, des mises à jour régulières et souvent de meilleures performances grâce à des ressources financières supérieures. Néanmoins, cela implique une dépendance envers le fournisseur, moins de transparence et de liberté de personnalisation pour l’utilisateur.
«Openwashing»
Un problème majeur dans ce débat est l’absence de définition commune de l’IA open source. Certains accusent les entreprises d’«openwashing», c’est-à-dire d’utiliser le terme «open source» de manière trompeuse pour améliorer leur image, à l’instar du «greenwashing» pour les revendications environnementales fallacieuses.
Approches divergentes de l’ouverture
Les organisations qui appliquent ce label à leurs modèles peuvent adopter des approches très différentes de l’ouverture. Par exemple, OpenAI, la start-up qui a lancé le chatbot ChatGPT en 2022, ne divulgue que peu d’informations sur ses modèles (malgré le nom de l’entreprise).
Meta qualifie ses modèles LLaMA 2 et LLaMA 3 d’open source, mais impose des restrictions à leur utilisation. Stable Diffusion est probablement le modèle de génération d’images open source le plus connu et le plus utilisé.
La start-up française Mistral AI a rendu open source plusieurs de ses modèles de langage génératifs et GrokAI prétend être le plus grand modèle de logiciel libre au monde, même si, là encore, on peut se demander s’il remplit techniquement tous les critères d’un véritable logiciel libre.
Manque de transparence et obstacle à la reproduction
De nombreux modèles d’IA de pointe restent des «boîtes noires» opaques et leur fonctionnement interne est à l’abri d’un examen minutieux. Les détails concernant les données d’entraînement, les architectures de modèles et les processus de développement sont peu dévoilés. Ce manque de transparence rend difficile la vérification indépendante des capacités revendiquées.
Les modèles les plus ouverts, gérés principalement par des organisations à but non lucratif, divulguent le code source et les données d’apprentissage sous-jacentes, et utilisent une licence de source ouverte qui permet une large réutilisation. Cependant, même avec ces modèles, il existe des obstacles qui empêchent les autres de les reproduire.
Défis financiers et techniques
La principale raison en est que si les logiciels libres permettent à quiconque de les reproduire ou de les modifier, l’élaboration d’un modèle d’IA nécessite bien plus que du code. Seule une poignée d’entreprises peut financer la puissance de calcul et la conservation des données nécessaires. C’est pourquoi certains experts estiment que qualifier une IA d’«open source» est au mieux trompeur et au pire un outil de marketing.
Sources: The New York Times / MIT Technology Review / Fortune
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