Jazz trotter : Ukandanz – Four Against the Odds

Ukandanz au tout départ est un groupe instrumental. A sa création le groupe joue des reprises allant des Cure à Bowie, ses propres compositions, joue sur des films érotiques des années 30… et bien sûr aborde la musique éthiopienne.Le groupe se recentre sur son point le plus singulier c’est-à-dire sa manière de jouer, de réarranger une musique issue du répertoire traditionnel et pop éthiopien.




53 min

Plus rock qu’éthio le groupe crée l’éthio crunch. Un premier disque auto-produit est enregistré à quatre. C’est ce disque que le groupe envoie à Asnake Gebreyes pour l’inviter à le rejoindre, ce qu’il fait en 2010.

L’album, et son titre “Four Against the Odds” est une réponse à la “drôle” de période que nous venons de vivre, qui nous a encore plus mis à distance des artistes provenant d’un autre pays. C’est un peu aussi reprendre cette forme de travail originelle, revenir aux sources pour mieux se réinventer, maintenir le groupe en éveil. Et créer des nouveaux titres pour célébrer le retour d’Asnake Gebreyes et des concerts.

Il y a une nouvelle fois des changements au sein du groupe… Thomas Pierre, le nouveau batteur, s’est beaucoup investi (comme tous les autres musiciens auparavant : on salue Guilhem Meier, Benoit Lecompte, Adrien Spirli et Yann Lemeunier) alors que le groupe n’a pas de concerts. Surmotivé, il a intégré tous les répertoires anciens, réputés difficiles pour la batterie. Il fallait un musicien comme lui, ouvert et prêt à s’investir comme si le groupe était neuf, malgré cette belle expérience.

Au départ l’idée était de recréer Ukandanz à quatre (batterie / basse / saxophone et chant). Après l’enregistrement de quelques titres, Lionel Martin a été sollicité pour jouer quelques accords avec son clavier, et il est devenu impensable d’imaginer le groupe sans ce son d’orgue si particulier et si présent dans les productions éthiopiennes. Comme une évidence, Fred Escoffier resté toujours proche du groupe (il joue dans Palm Unit avec Lionel Martin) a proposé de revenir dans le groupe.

Comme le groupe souhaitait tourner avec un musicien de moins tout en gardant l’énergie et la radicalité, Damien est passé à la basse, partie qu’il doublait souvent à la guitare. Cela ramène un côté plus rock, une transe profonde et laisse un peu plus de place au saxophone et la voix.

Comme dans le passé, il est difficile de faire venir Asnake (qui habite toujours Addis Abeba) pour un concert unique. Organiser une tournée étant encore compliqué cette année, Ukandanz a décidé de se concentrer sur un nouvel album, et donc de le faire venir d’Ethiopie en Juin 2021 pour enregistrer une version avec chant de quelques titres de « Four Against the Odds »… et des nouveautés bien entendu !

A propos de « Ethiopia Wedet Neshe »

Sortir une réédition vinyle de la deuxième K7 d’Asnake est une forme de jeu à distance qui maintien notre lien musical et affectif !

Les esthètes le savent. Que ce soit en matière de musiques ou d’alcools, les mélanges les plus invraisemblables débouchent parfois sur les émotions les plus fortes. Le cocktail Ukandanz a déjà fait ses preuves, mais il revient frapper à nouveau avec une formule explosive. Les pulsations anciennes d’Ethiopie sont toujours autant secouées par le rock garage et le jazz libertaire… Si l’on se demandait si le coeur de la scène du swinging Addis des années 1960 battait encore, on sait bien aujourd’hui qui manie les électrochocs !

En plus de douze années de bourlingues et cinq albums, Ukandanz s’est bâti une solide réputation dans le monde des musiques mondialisées. Le groupe est de retour pour une nouvelle épopée vers les sources de sa musique. Le chantre moderne, le griot électrique Asnake Gebreyes pointe la direction à une meute de musiciens en ordre de marche pour agiter un peu plus le voyage entre la France et l’Éthiopie. Ceux-là adorent autant se perdre dans les carrefours que se retrouver dans les détours… À défaut d’orientation, ils ont le sens de l’épique !

L’essence de cette machine de transe moderne réside toujours dans l’âme éthiopique, aux deux éléments fondamentaux : la voix élastique d’une des plus grandes figures de la scène actuelle d’Addis Adeba (Asnake Gebreyes) et les compositions du fondateur Damien Cluzel, électron libéré jamais tant à son aise que dans des crossovers musicaux ou culturels. Quant à ce qui touche à l’existence physique du groupe, les corps y exultent dans l’énergie du rock et la catharsis de l’improvisation (ou l’inverse).

Damien Cluzel passe de la guitare à la basse sans rien perdre de son électricité, et s’ouvre ainsi un tout nouveau champ des possibles en terme d’écriture. Le complice de toujours Lionel Martin souffle le chaud et le froid avec une empreinte sonore qui irradie jusqu’aux silences qui l’accompagne. Fred Escoffier, claviériste ayant éprouvé sa solidité rythmique avec une fine fleur du jazz hexagonal, revient dans le groupe pour apporter sa virtuosité et son appétit pour l’improvisation débridée. Charge au petit nouveau Thomas Pierre, excellent batteur à la large palette sonore, de venir compléter l’édifice polyrythmique au service d’une musique foisonnante, entre structures d’inspiration traditionnelle et dérapages contrôlés issus de la modernité.

Damien Cluzel : Formé au conservatoire de musique section guitare jazz et musiques Improvisées à Amsterdam de 1995 à 2000 (Misha Mengelberg), Damien Cluzel est actuellement membre des formations An’Pagay (France : electric maloya), Ukandanz (France – Ethiopie : ethiopian crunch music), Pixvae (Colombie – France : latin core), Polymorphie (jazz contemporain), Kouma (math rock) Il a joué entre 1997 et 2007 avec Thôt Twin (Guillaume Orti, Stéphane Payen), Les Bergers fous de la rébellion (John Greaves) Man bites dog (nl), Jump to Addis (NL, Ethiopie), Tetzepi (NL), Munzruh (NL), Ninsk (NL)… Il s’est produit occasionnellement avec Mahmoud Ahmed, Chris Speed, Louis Sclavis et à enseigné entre 2006 et 2011 la guitare à l’INSA de Lyon en section musique étude.

Fred Escoffier : Après une formation classique, il rencontre Jean-Marie Machado et Martial Solal, avec lesquels il prend des cours. Ceci l’oriente vers un jazz enrichi d’une approche très contemporaine. Il joue aujourd’hui avec des ensembles électriques développant ainsi un son très personnel entre guitares, percussions et orgues, sans oublier sa culture classique et jazz… En parallèle, il compose pour la danse contemporaine et pour des formations de Jazz. Sur son chemin il croise notamment Ukandanz, Marc Ducret (Umlaut double trio), Jean Luc Ponty (hommage à Zappa), Jean François Jenny Clark, Thomas de Pourquery, Jeanne Added, Laurent Dehors, Philippe Katerine, MC Solar… On peut l’entendre actuellement avec Bruno Chevillon, Fred Pallem (le sacre du tympan), Fabrice Martinez (4tet chut), Joce Mienniel, Magic Malik (ensemble op.cit.). Il se lance aussi en tant que compositeur arrangeur pour petites et grandes formations comme Radio France hommage à Michel Legrand et le Sacre du tympan

Lionel Martin : il est un musicien et compositeur prolixe qui multiplie les expériences et les projets, poursuivant un chemin atypique. Aujourd’hui encore, il est aussi à l’aise dans les festivals internationaux qu’au coin de la rue, dans laquelle il puise une énergie sans cesse renouvelée. Il a joué et joue aussi bien avec des grands noms du jazz, Louis Sclavis, Didier Lockwood, Mario Stantchev, Georges Garzone, qu’avec des grands de la scène punk rock, tel Steve Mackay, saxophoniste des Stooges et d’Iggy Pop. Il joue également en solo ou duo avec vidéo, danse, poésie, performances pour le Rhino Jazz Festival. Il accompagne la poète Samira Negrouche , et performe avec Mehdi Kruger. Il joue dans la création du metteur en scène Laurent Fréchuret « Le projet Rimbaud » avec le comédien Maxime Dambrin. On a pu l’entendre accompagner Patrick Chamoiseau, Emmanuel Merle… Il est le fondateur du label Ouch ! Records

Thomas Pierre : originaire de Bourgogne, il fait ses gammes à l’école de batterie Dante Agostini de Chalon-sur-Saône d’où il sort diplômé en 2005. Ses premières expériences live se font alors avec des formations basées sur Chalon : Boujolle Tribe Vibration, et Sadoo (Reggae Roots). En 2009 il intègre le CFPM de Vaulx en Velin avant de rentrer au CNR de Lyon en Batterie Jazz (2011-2013) où il a comme professeur Pierre Guignon dit « Tiboum » célèbre batteur de la scène Jazz française. Il joue alors avec un groupe de Funk « Phoebus » et découvre la scène lyonnaise en participant à de nombreuses Jam Sessions. En 2016 Thomas entreprend un voyage au Gabon afin de jouer avec des musiciens locaux la musique Afrobeat. A son retour à Lyon il participe au projet Kunta avec lequel joue à la fête de la musique du Puy en Velay en 2018 ainsi qu’au festival « La Musique des Cuivres » du la même année. Il est membre de la nouvelle mouture du projet BUCK






Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.