Air Caraïbes augmente ses tarifs de 30 euros

Début juin, les compagnies aériennes ont été informées qu’une augmentation de 15% du prix du kérosène serait applicable de manière rétroactive dans l’ensemble des départements français des Antilles.

La réaction n’a pas tardé. Air Caraïbes annonce ce jeudi être dans « l’obligation » d’augmenter ses tarifs sur ses vols court et long-courriers, notamment vers les Antilles dont il est le spécialiste.

Les hausses qui seront appliquées dans les prochains jours iront de 3 euros par trajet pour les vols régionaux et de 30 euros pour les longs-courriers.

La compagnie aérienne française doit en effet encaisser une augmentation brutale de 15% du prix du kérosène annoncée début juin applicable de manière rétroactive dans l’ensemble des départements français des Antilles. Rappelons que le carburant représente 25 à 30% des coûts de la compagnie.

Cette décision a pris de court les compagnies qui la dénoncent. « La FNAM (Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers) condamne fermement cette décision brutale de la Société Anonyme de Raffinerie des Antilles (SARA) et des autorités françaises – prise sans concertation sérieuse avec les compagnies aériennes – alors que les tarifs du kérosène, très hauts dans le monde entier, sont déjà significativement plus élevés en Martinique, Guadeloupe ou Guyane que dans le reste de l’arc Caraïbéen »

« Conditions économiques insupportables »

« Une telle décision aura des conséquences inévitables sur la qualité de desserte de ces départements et entraînera une augmentation des tarifs pour les passagers et le fret de et vers les Antilles. Elle est par ailleurs incompréhensible – dès lors que les variations importantes des prix du kérosène entre les Antilles, la métropole et les pays tiers sont susceptibles de favoriser des phénomènes non vertueux sur le plan environnemental de sur-emport de carburant » dénonce-t-elle.

« Les compagnies aériennes ont des coûts fixes élevés mais les tarifs qu’elles pratiquent doivent rester accessibles aux ultra-marins, qui ont un besoin vital de pouvoir voyager, estime Marc Rochet. Si cette décision brutale et unilatérale reste en vigueur et n’est pas annulée par les pouvoirs publics, il n’y aura plus aucune compagnie aérienne en capacité de desservir les outre-mer dans ces conditions économiques insupportables » ajoute Marc Rochet, PDG de la compagnie.

Cette augmentation des tarifs est donc déjà là pour un des acteurs les plus importants des vols vers les Caraïbes. D’autant plus que selon les chiffres de l’aviation civile (DGAC), en moyenne au premier trimestre, les prix des billets d’avion vers les départements d’Outre-mer ont déjà augmenté de 14,3% sur un an (dont +8,9% juste depuis le début de l’année).

Prix vers les Antilles déjà en hausse de 14% au premier trimestre

Sur le mois d’avril (derniers chiffres connus), au départ des départements d’Outre-mer, l’augmentation des prix des billets d’avion est de 10,6% (+9,3% au cumul). Par rapport à 2019, la hausse est de 6% (entre 7 et 12% pour la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane).

Pour les compagnies spécialisées, l’avenir s’assombrit franchement. Si le rebond du trafic pour cet été vers les Antilles semble acquis, le reste de l’année n’est déjà pas bien orienté.

« Je vois un bel été mais des mois de septembre et octobre déjà en creux« , s’inquiète Marc Rochet.

Et de s’alarmer d’autres coûts également en hausse: maintenance, pièces détachées et les salaires des personnels navigants et au sol. « Pour les 12 prochains mois, je m’attends à une situation très tendue, la demande va baisser, c’est mécanique », souligne le dirigeant.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business

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