Bénin/Présidentielle 2026: Le député Michel Sodjinou en train de faire couler la candidature Renaud Agbodjo?
L’élection présidentielle au Bénin risque de se tenir sans le principal parti d’opposition en avril 2026: la CENA (Commission électorale) a rejeté la candidature de Renaud Agbodjo, une décision qui ouvre une voie royale à la majorité au pouvoir.
La candidature de M. Agbodjo a été rejetée faute d’un nombre suffisant de parrainages, précise la CENA dans un communiqué, une décision toutefois susceptible de recours. La liste définitive des candidats sera connue le 31 octobre prochain. Renaud Agbodjo, avocat de 43 ans, avait été désigné mi-octobre 2025 par son parti ‘Les Démocrates’, après plusieurs jours de tractations et une dernière longue nuit de discussions.
Pour être qualifié, il faut obtenir 28 parrainages d’élus, selon le Code électoral. Mais ‘Les Démocrates’ comptant exactement 28 élus, une seule défection dans leurs rangs pouvait donc entraîner l’invalidation de la candidature de l’opposant.
– Deux candidatures retenues –
Selon la CENA, le parrainage du député Michel Sodjinou a été « déclaré invalide« . Ce dernier avait affirmé la semaine dernière ne pas reconnaître le « processus de désignation » du candidat de son parti, et a dénoncé « une mise en scène« . Il avait saisi le Tribunal de Cotonou, qui a annulé son parrainage. ‘Les Démocrates’ sont le parti de l’ancien Chef de l’État Boni Yayi (2006-2016) qui ne peut plus se présenter, ayant dépassé la limite d’âge de 70 ans.
Au total, trois candidatures ont été rejetées. Deux ont été retenues dont celle de Romuald Wadagni, ministre des Finances de 49 ans, appelé à succéder au Président Patrice A. Talon. Personnalité centrale du Gouvernement, M. Wadagni est considéré comme l’un des principaux artisans de la réussite économique du Bénin qui affiche une croissance robuste depuis une décennie, régulièrement au-dessus de 6%. Et qui a récemment obtenu des notations favorables d’Agences internationales.
Un opposant dit « modéré« , l’ancien ministre et enseignant Paul Hounkpè, est aussi qualifié, sous les couleurs du parti des FCBE (Forces cauris pour un Bénin émergent). Lors de la précédente élection présidentielle en 2021, Patrice A. Talon avait été élu avec plus de 86% des voix après des tensions historiques et meurtrières avec l’Opposition. La plupart des grandes figures de l’Opposition n’avaient pas été autorisées à se présenter, et des violences avaient éclaté notamment dans le centre du Bénin, région natale de Thomas Boni Yayi.

S’il est salué pour le développement économique du Bénin, Patrice Talon est régulièrement accusé par ses détracteurs d’avoir opéré un virage autoritaire dans ce pays autrefois salué pour le dynamisme de sa démocratie représentative. Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, arrivera en 2026 au terme de son second mandat, le maximum autorisé par la Constitution.
© Afriquinfos & Agence France-Presse
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