« Les trois mousquetaires : D’Artagnan » – un grand film de divertissement populaire quoique impersonnel
D’Artagnan, laissé pour mort après avoir tenté de sauver une jeune femme d’un enlèvement, arrive à Paris et tente de retrouver ses agresseurs, tandis que Louis XIII le catholique, fait tout pour éviter une nouvelle Saint-Barthélemy. Nos quatre mousquetaires vont s’opposer au cardinal et à ses agents, dont Milady de Winter, pour sauver l’honneur de la reine de France, Anne d’Autriche.
Premier volet, la deuxième partie Les trois mousquetaires, Milady sortira le 13 décembre 2023 :
Pierre Murat : « Cette noirceur, je ne suis pas sûr »
Pierre Murat de Télérama trouve que c’est une bonne adaptation de ce classique, même si il déplore une trop grande noirceur alors : « C’est pas mal, il faut se rappeler que les adaptations françaises des Trois mousquetaires au cinéma, ce n’est vraiment pas terrible. Malheureusement, j’ai l’impression que les adaptateurs ont trop regardé La Reine Margot de Chéreau. Ils essayent de faire du siège de La Rochelle un nouveau massacre de la Saint-Barthélemy. La Reine Margot d’Alexandre Dumas se prêtait à ce que voulait faire Chéreau, c’est-à-dire un drame. Hors là, en faire un film aussi sombre avec une lumière jaune étrange, alors que normalement Les trois mousquetaires, ça caracole, c’est dommage. Les Mousquetaires sont très bien, même si on ne les voit pas beaucoup, ce n’est pas du tout déshonorant, on voit le fric, mais le panache, pas vraiment et surtout cette noirceur. Je ne suis pas sûre. »
Charlotte Lipinska : « Un grand film de divertissement populaire »
La journaliste de Vogue a trouvé que le grand film de divertissement était à la hauteur de sa promesse : « La narration est fluide, on alterne entre les scènes de combat d’action et les intrigues de palais. Le réalisateur a fait le choix de filmer des combats de manière réaliste en se passant de tous les artifices. Il y a un souci de véracité avec une première bagarre en plan-séquence et caméra à l’épaule à la Lars Von Trier et en même temps, c’est efficace. Les dialogues sont fins, ils n’ont pas cherché la modernisation. Il y a la touche d’humour qu’il faut. Romain Duris est particulièrement bien servi sur les répliques et Louis Garrel est tordant dans le rôle du Roi, un peu dépassé. Le film ne déçoit pas si on attend un bon divertissement populaire. Effectivement, le film a coûté très cher, mais ça se voit, les décors naturels, les costumes, tout ça est beau, même si l’image est un peu crasseuse. »
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Ariane Allard : « Un blockbuster un peu impersonnel »
Ariane Allard, journaliste chez Causette a trouvé l’adaptation contemporaine de notre époque dépourvue de caractère : « J’ai eu la chance de rentrer dans l’histoire de D’Artagnan par le biais du film de Richard Lester en 1973. Quand je vois l’adaptation d’aujourd’hui dans les années 2020, je me dis que c’est intéressant de voir à quel point chaque adaptation est le reflet d’une époque, je me souviens d’avoir beaucoup ri, c’était une période beaucoup plus insolente et irrévérencieuse. Là, on se retrouve dans un film noir qui combine de la tendance. Les garçons, sont quand même très post Me Too : il y a une histoire de féminicide. Il y a un grand gaillard, Pio Marmaï, qui est bisexuel. C’est quand même un blockbuster sauf que je le trouve impersonnel. Il y a beaucoup de figurants, de cavalcades, de comédiens, mais finalement, je n’ai pas vu la touche personnelle dans la mise en scène. Je ne me suis pas ennuyée, mais je trouve que quelqu’un comme Jean-Paul Rappeneau ou Philippe de Broca ont fait des films de cape et d’épée, et on rentrait dans leur univers. Ici, on rentre dans un univers un peu Netflix. »
Jean-Marc Lalanne : « Il y a beaucoup d’enfance dans ce film »
Pour le journaliste des Inrocks y a trouvé une élégance : « J’ai été extrêmement charmé par le film. Je le trouve réussi et on peut espérer qu’avec les vacances scolaires, il va finir par trouver un public massif, car il y a beaucoup d’enfance dans le film. C’est ce qui est touchant et nous reconnecte à nos émotions d’enfant, à l’attachement qu’on a pour ce récit. On a le sentiment que les acteurs jouent aux trois mousquetaires qu’ils ont l’air de s’amuser. Il y a un plaisir à cette joie communicative. Le film réussit à éviter tous les pièges contemporains comme le kitsch numérique du film Eiffel n’évitait pas. Les trucages numériques sont bien dosés et le film a une certaine élégance. Il devrait y avoir régulièrement en France des films populaires spectaculaires, avec une histoire adroitement racontée et efficacement filmée. Mais vu que ça n’arrive jamais, le film procure une sorte d’émotion, de soulagement parce que tout le cinéma industriel français autour est tellement mauvais qu’on se demande pourquoi c’est aussi difficile à faire ce genre de cinéma. »
Pour en savoir plus, écoutez l’émission…
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