Au nord du Niger, à la frontière algérienne, les organisations humanitaires sonnent l’alarme chaque semaine. Des centaines de migrants refoulés d’Algérie s’échouent à Assamaka, premier village à la frontière du Niger. Ils sont désormais plus de 4 500 à errer dans ce minuscule îlot de terre balayé par les vents. Les migrants subsahariens manquent de nourriture, d’eau et de presque tout. La région d’Agadez au Niger est devenue un goulot d’étranglement pour les migrants et un poste de contrôle pour les autorités qui, en accord avec l’Union européenne, ont interdit toute aide à la migration. Résultat, la migration africaine est aussi empêchée, bouleversant du même coup les économies locales.
L’expulsion de migrants subsahariens, n’est pas nouvelle en Algérie. Dès les années 80, le gouvernement algérien commence à expulser collectivement des ressortissants subsahariens de chez eux. Mais cela reste alors un phénomène relativement rare. À partir de 2014, l’Algérie passe un accord de rapatriement avec le Niger. L’idée est rapatriée les Nigériens qui s’adonnent à la mendicité. Le gouvernement du Niger considère que ces populations donnent une mauvaise image de leur pays. Ils acceptent donc de signer cet accord de rapatriement. À partir de là, on a une augmentation du nombre de personnes qui vont être expulsées d’Algérie vers le Niger. Et à partir de 2016, on assiste à un élargissement de cette mesure à l’ensemble des migrants subsahariens qui résident en Algérie. Et ce qu’ils soient travailleurs, demandeurs d’asile, réfugiés ou autres…
La coopération en matière de migration avec l’Union européenne commence dans les années 2000, dans un contexte où ces questions migratoires entre l’Afrique et l’Europe deviennent centrales pour les autorités européennes. Il a une volonté de bonne gestion des migrations en Afrique à la demande des européens. Or la bonne gestion migratoire, dans le vocabulaire européen, c’est l’augmentation des contrôles. Du point de vue européen, ces migrants qui traversent le Sahara vont venir en Europe. Ils ne prennent pas en compte la question des migrations intra-africaines, à l’intérieur du continent. Or la grande majorité de ces migrants restent sur le continent africain et vont travailler en Algérie, en Lybie et dans le reste de l’Afrique du Nord.
C’est dans ce cadre-là qu’en 2015, avec l’aide d’experts européens, le Niger va voter une première loi sur l’immigration. Car jusque-là pour le Niger, les migrations de leurs ressortissants, comme les migrations de la sous-région, n’étaient pas considérées comme un problème politique ou sociétal, et ne demandaient pas une législation spécifique. Les experts européens ont participé à la rédaction de cette loi extrêmement répressive à l’encontre de toute personne qui aide à l’entrée, au séjour ou à la sortie du territoire nigérien de ressortissant en situation irrégulière. Cette loi s’applique, de façon très localisée, pour les migrations du nord du Niger.
Musique d’introduction : Saint Levant –
From Gaza, With Love
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