Hérault : le groupe Bio-Uv prêt à booster le Plan Eau

Laurent-Emmanuel Migeon (à droite) a succédé à Benoit Gillmann à la tête de l’entreprise et estime que Bio-Uv a un rôle à jouer dans le Plan Eau annoncé par l’Etat (©dr)

Jeudi dernier, le gouvernement a présenté son Plan Eau visant à sécuriser la précieuse ressource qui se raréfie. A Lunel, le groupe Bio-Uv, spécialiste du traitement de l’eau, a écouté attentivement les mesures proposées dans ce plan d’action « dont les divers axes vont dans le bon sens pour la préservation de l’eau », approuve Laurent-Emmanuel Migeon, le nouveau PDG de Bio-Uv.

Distinguée par le Financial Time 

Créée en 2000, l’entreprise héraultaise aujourd’hui cotée en bourse sur Euronext (51,5 M€ de chiffre d’affaires et plus de 160 employés) a développé des procédés innovants pour le traitement de l’eau sans produits chimiques, par ultraviolets, ozone, électrolyse de sel et procédés d’oxydation avancée (AOP). Et pour la première fois cette année, le groupe héraultais a été classée par le « Financial Times » parmi les 1 000 entreprises à la croissance la plus dynamique en Europe.

« Il y a deux volets qui me semblent cruciaux dans le Plan Eau », enchaîne Laurent-Emmanuel Migeon : « La lutte contre la surconsommation et celle contre la déperdition… Il faut réduire notre consommation et parvenir à des usages permettant une consommation contrôlée et maîtrisée… Quant à la lutte contre la déperdition causée notamment par l’état des réseaux, elle est aussi nécessaire. Mais je trouve surréaliste que jusqu’ici, bien que l’on sache que le phénomène soit très fort (jusqu’à 50% de pertes dans certaines villes), il n’y a pas encore eu de plan d’action national ambitieux ».


« Nous avons équipé la station d’épuration de Lunel avec notre technologie de traitement non-polluante… Nous traitons jusqu’à 700 m3/heure et nous sommes capables de rejeter de l’eau propre dans l’Etang de l’Or »

Laurent-Emmanuel MigeonPDG de Bio-Uv

L’ambition du Plan Eau est justement de faire bouger les choses, mais le chantier sur la remise à niveau des réseaux sera vaste et entre les mains de l’Etat et des collectivités. En revanche, s’il est possible d’agir très rapidement et efficacement, c’est sur le volet des économies d’eau, et notamment en favorisant le recyclage et la réutilisation des eaux usées, une technologie que maîtrisent justement des entreprises comme Bio-Uv.

Visite de presse pour découvrir l'installation Bio-Uv de traitement des eaux usées à la station, dépuration de Lunel
Visite de presse pour découvrir l’installation Bio-Uv de traitement des eaux usées à la station, dépuration de Lunel (©dr)

Bio-Uv, des technologies éprouvées

« C’est un véritable sujet sur lequel la France a pris du retard alors que Bio-Uv, par exemple, est précurseur dans ce domaine. Nous avons installé une soixantaine de nos équipements de traitement des eaux usées dans le pays, notamment dans des stations d’épuration et des usines, ce qui permet déjà une économie de 30 000 000 de m3 par an », annonce Laurent-Emmanuel Migeon qui prend en exemple… la ville de Lunel !

Lunel : eau traitée « qualité baignade » et bientôt réutilisée

« Nous avons équipé la station d’épuration lunelloise avec notre technologie de traitement non-polluante, à base de rayons UV. Nous traitons jusqu’à 700 m3/heure et nous sommes capables de rejeter de l’eau propre dans le milieu naturel, l’Etang de l’Or, mais l’objectif est surtout de pouvoir réutiliser cette eau traitée ». Ce qui sera effectif dès la rentrée : la collectivité pourra utiliser l’eau traitée « certifiée qualité de baignade », assure le PDG héraultais, pour divers usages : l’arrosage de l’arboretum et du terrain de foot qui sont à proximité, le nettoyage du matériel de la collectivité (les véhicules par exemple), etc : « ce système permet de ne pas consommer à chaque fois de l’eau potable et donc de réduire la consommation globale de la ville ».

Pour le golf de la Grande Motte et la vigne audoise

Toujours près d’ici, Bio-Uv a aussi mis en place sa technologie pour le Golf de la Grande Motte, qui est arrosé avec de l’eau traitée et recyclée. « Idem dans l’Aude où nous avons expérimenté notre technologie dans l’agriculture pour la cave coopérative de Gruissan. L’eau traitée de la station d’épuration de Narbonne est redistribuée sur des vignes », rappelle le dirigeant, rappelant que la France dispose d’une grande expertise dans ce domaine qui ne demande qu’à être (enfin) déployée..

« En fait, il faut que l’Etat, s’il veut la réussite du Plan Eau, soit capable de permettre la création d’une véritable filière nationale du traitement de l’eau, un domaine dans lequel le pays est en pointe, et notamment l’Hérault grâce au Pôle Eau d’envergure internationale qui s’est construit à Montpellier… Les entreprises françaises, dont Bio-Uv, ont les moyens de fournir ce futur marché : nous avons des solutions innovantes, non-polluantes, et des technologies éprouvées… Que faut-il de plus ? »

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A Lunel, Bio-Uv a aussi développé la solution Bio-Sea qui permet de traiter l'eau des ballast des navires
A Lunel, Bio-Uv a aussi développé la solution Bio-Sea qui permet de traiter l’eau des ballast des navires (©dr)

« Si ce processus de recyclage est appliqué à toute l’industrie et aux collectivités, il y a de quoi réaliser de grandes économies d’eau pour préserver efficacement la ressource »

Laurent-Emmanuel Migeon

Une vraie organisation et une volonté politique, selon le patron de Bio-Uv : « Il faut s’organiser en filière afin que chacun puisse apporter sa pierre à l’édifice en jouant la complémentarité. Si nous parvenons à faire cet effort collectif, nous aurons une filière complète capable non-seulement de répondre aux enjeux du Plan Eau, mais aussi d’exporter son savoir-faire dans le monde entier ».

« Il faut aller vite et simplifier les procédures »

Laurent-Emmanuel Migeon estime qu’il faut aller vite pour suivre les effets du changement climatique, qui, lui, ne lambine pas en route et dont les effets et les impacts sur l’eau se font déjà sentir. « L’organisation en filière permettra aussi de simplifier les procédures et de gagner du temps… Nous, à Bio-Uv, nous sommes prêts à accélérer. Nous visons principalement le secteur des collectivités et l’industrie, et notamment de l’agro-alimentaire que nous connaissons bien ».

Traiter l’eau sans produits chimiques

Le dirigeant prend exemple sur le site de production de Cristalline, qui a aussi besoin d’eau pour ces process industriels. Cette eau est traitée par la technologie Bio-Uv, sans produits chimiques : « sur 100 l, elle permet de recycler 90 ou 95 litres et de retrouver de l’eau propre, très proche de sa condition initiale », assure-t-il : « Cela permet d’économiser des milliers de m3. Si ce processus est appliqué à toute l’industrie et aux collectivités, il y a de quoi réaliser de grandes économies d’eau pour préserver efficacement la ressource ».

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