Les manufacturiers invités à accélérer la cadence de l’automatisation

Selon de nouvelles données de l’étude Focus Québec 2025 de la firme KPMG, le recrutement et la rétention de main-d’oeuvre demeurent le plus important défi de croissance pour 74 % des entreprises manufacturières du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Pourtant, seulement 39 % des répondants de la région estiment que la transformation technologique pourrait être la solution. Ce constat inquiète les dirigeants de l’industrie dans le contexte de concurrence mondiale.

On réalise, quand on fait des sondages, qu’on est un peu en retard par rapport à tout ce qui est transformation numérique au Québec et même au Canada. Ce qui est important de se poser comme question c’est : »Pourquoi? », suggère Violaine Paquette, associée Services-conseils et entreprises chez KPMG.

La présidente-directrice générale de Manufacturiers et exportateurs du Québec, Véronique Proulx, pense qu’il y a plusieurs facteurs.

Véronique Proulx est présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Les PME souvent ne feront pas de la production de masse, elles vont faire des productions sur mesure alors c’est plus difficile de faire des gains ou de trouver la technologie. Souvent, il y a un manque d’expertise à l’interne pour identifier la technologie qui serait possible pour nous et on constate aussi que le retour sur l’investissement peut être important et faire peur à certains entrepreneurs, précise-t-elle.

À son avis, il est crucial que le Québec rattrape son retard de productivité sur la scène mondiale en accentuant l’automatisation dans les entreprises.

L’automatisation pour pallier la pénurie de main d’oeuvre

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Véronique Proulx.

« Ce qu’on veut éviter surtout éviter c’est dans deux ans ou cinq ans, c’est de frapper un mur technologique, c’est-à-dire que nos concurrents soient fortement automatisés et robotisés et que l’écart pour nous soit beaucoup trop grand. »

— Une citation de  Véronique Proulx, présidente-directrice générale, Manufacturiers et Entrepreneurs du Québec

Oser le changement

Déjà certaines entreprises ont pris le virage robotique. Le président fondateur de la compagnie Osblock, qui fabrique des blocs structuraux destinés à la construction résidentielle, a fait le saut il y a deux ans.

On a fait une nouvelle ligne de production. Ce que ça a fait, c’est qu’on a réduit de moitié le nombre d’employés [de 16 à 8] et pour produire trois fois plus. La masse salariale n’a pas baissé pour autant, mais on a des employés mieux rémunérés et plus spécialisés, explique Marco Tremblay.

Le scénario est similaire chez Refraco et Robexco.

Notre spécialité c’est de poser de la brique dans des gros fours industriels alors c’est beaucoup physique pour nos travailleurs. Nos employés sont maintenant plus en sécurité, ils ont des emplois de meilleure qualité et on a plus d’attractivité. Je ne dirais pas qu’on ne ressent pas la pénurie de main-d’oeuvre, mais je suis convaincu qu’on le ressentirait plus si on n’avait pas investi dans l’automatisation il y a cinq ans, estime le directeur général et président, Jean-Benoît Pineault.

C’est le genre de succès sur lesquels il faut bâtir selon Véronique Proulx.

Il faut y aller par petits pas. Alors un investissement d’un ou deux millions ça peut paraître beaucoup mais on peut le couper en petites tranches et y aller progressivement. Il faut oser!, lance-t-elle.

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