de lourdes conséquences économiques pour les pêcheurs

Avec notre correspondant à Conakry, Matthias Raynal

La majorité des victimes sont des pêcheurs artisanaux qui sont aujourd’hui contraints de réduire leur activité. RFI est partie à leur rencontre, au port de Bonfi, à Conakry.  

Le port tourne au ralenti, en ce moment. Beaucoup de pirogues restent à quai. « Vous avez combien de pêcheurs qui sont atteints de cette maladie ? », demande un pêcheur.

« Trois personnes ! Ces trois personnes sont rentrées, vous avez vu, elles n’ont pas pêché, elles n’ont pas pu travailler, à cause de la maladie. Cela fait une perte de millions [de francs guinéens] », indique Bangaly Kourouma, secrétaire général au sein du bureau du chef de port de Bonfi.

Une sortie en mer peut coûter jusqu’à 7 millions de francs guinéens pour une pirogue de 22 mètres, soit environ 750 euros. Beaucoup de bateaux reviennent au port avec trop peu de marchandises pour couvrir ces frais.

« Nous, ça ne va pas, ça ne va pas… Là où il y a des poissons, les pêcheurs n’y vont pas parce que c’est très dangereux. Actuellement, ils travaillent du côté de la Sierra Leone », précise Harouna Sene, armateur.

La substance corrosive s’est répandue dans une zone très riche, au large, au nord-ouest de Conakry.

En quelques jours, les prix de certains poissons ont explosé : « La pêche artisanale, c’est ce qui nourrit la Guinée. Les Guinéens mangent le poisson issu de la pêche artisanale. L’État doit aider les pêcheurs, surtout financièrement. Les gens ont perdu des millions et des millions. Les pêcheurs vivent en survie. Ce que tu travailles, c’est ce que tu manges », ajoute, de son côté, Bangaly Kourouma.

Le secteur de la pêche réclame aujourd’hui un geste de la part de l’État pour compenser ses pertes.

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