cinq dates à retenir dans la région

« The Utimate Tour » de Max Roméo est de passage dans la région du 23 au 28 avril. Altendu à Bordeaux le mardi 25, il y sera bien question d’un hommage plus que d’un concert de légende. Pour assurer le show, la star jamaïcaine de 75 ans s’est entourée de ses enfants, Azizzi et Xana, et du puissant rasta enturbanné, Lutan Fyah. Max Roméo a déjà bien donné.

Il a façonné l’âge d’or du reggae roots (racines en anglais) sous l’autorité du producteur Lee Perry, artisan du Black Ark Studio décédé en août 2021. D’autres pans du monument reggae se sont effondrés…

« The Utimate Tour » de Max Roméo est de passage dans la région du 23 au 28 avril. Altendu à Bordeaux le mardi 25, il y sera bien question d’un hommage plus que d’un concert de légende. Pour assurer le show, la star jamaïcaine de 75 ans s’est entourée de ses enfants, Azizzi et Xana, et du puissant rasta enturbanné, Lutan Fyah. Max Roméo a déjà bien donné.

Il a façonné l’âge d’or du reggae roots (racines en anglais) sous l’autorité du producteur Lee Perry, artisan du Black Ark Studio décédé en août 2021. D’autres pans du monument reggae se sont effondrés ces dernières années (1).


Au Sans Réserve à Périgueux en 2008.

Archives Olivier Dumon/ “Sud Ouest”

« Les papis nous quittent »

Certains diront que l’architecture est en péril. D’autres la défendront. « Les papis nous quittent. L’héritage est bien présent, parce qu’ils ne racontaient pas que des histoires de portefeuilles et de gonzesses. Ils ont soulevé des problèmes qui font encore écho aujourd’hui », explique Mathieu Dassieu, 40 ans, directeur de Baco Records. Tête de pont, en France, des artistes reggae, le label installé place de la Victoire, à Bordeaux, fait vivre les racines jamaïcaines. Une fierté pour ces fils spirituels de la roots music.

Les écoles de musique enseignent encore les standards roots de la génération Marley

Aussi, la jeune génération de musiciens est unanime au sujet de Max Roméo : c’est l’essence même. Le Bordelais Wyman Low l’a accompagné en tournée au Brésil. « Ici, on voit leur culture jamaïcaine à travers une vitrine de mode. Les Jamaïcains, aussi, chérissent leur musique, mais ils ne comprendraient pas le concert d’une vieille gloire. Ils sont en perpétuelle innovation, plutôt inspirés par leur quotidien, les États-Unis et la réalité des gangs. »

Roots reggae et afrobeat

Actuellement, Kingston subit un raz-de-marée d’afrobeat sur les ondes, qui fait d’ailleurs polémique sur l’île. Les Jamaïcains se seraient-ils arrachés de leurs racines ? Sûrement pas. Les écoles de musique enseignent encore les standards roots de la génération Marley. Des titres intemporels qu’une génération new roots fait revivre avec l’appui des consommateurs européens (2). « L’Allemagne, fonctionne bien, avec la nouvelle scène dancehall. C’est le cas aussi d’autres pays. Mais la France est clairement attachée au roots, aux racines, à l’héritage. Nous représentons un marché très important pour les Jamaïcains. Que voulez-vous, nous sommes des nostalgiques. On aime avoir nos madeleines de Proust », sourit Mathieu Dassieu.

Au Festival Winterthur en Suisse, en 2010.


Au Festival Winterthur en Suisse, en 2010.

Archives Dragan Trasic

Preuve en est, plus de la moitié des 45 dates de Max Roméo est programmée dans l’Hexagone, seul pays capable de proposer un réseau de salles subventionné par l’État, sans obligation de remplir. Une chance pour les nouvelles générations qui ont l’occasion de remonter le temps.

Les jeunes écoutent du new root et découvrent qu’à l’origine de ce qu’ils adorent, il y a un papi de 80 ans

Musée vivant

Farid Bagari, entrepreneur de spectacles et promoteur local pour celui de Max Roméo, s’en félicite. « Lorsque les jeunes écoutent du new roots, sur YouTube ou Spotify, ils ignorent qu’ils ont dans les oreilles du son des années 1980-1990. Même rythmique, même sonorité. Quand ils cherchent d’où ça vient, ils tombent sur les pépites, les riddims fondateurs du reggae. Ils découvrent qu’à l’origine de ce qu’ils adorent, il y a un papi de 80 ans !

Max Roméo était en concert à Tarnos, aux Bourdaines, en 2011.


Max Roméo était en concert à Tarnos, aux Bourdaines, en 2011.

DR/Archives “Sud ouest”

La musique jamaïcaine s’est construite ainsi, avec les sound system. C’est un musée vivant, mouvant. « Ça vit, ça bouge et ça renaît. Ainsi, les racines jamaïcaines ne meurent jamais. »

(1) Toots, mort le 11 septembre 2020, Albert Griffiths, fondateur des Gladiators, le 15 décembre 2020, U Roy, 17 février 2021, Bunny Wailer, le 2 mars 2021. (2) Samory I, Mortimer, Raging Fire, Lila Iké, Koffee, Chronicx, Protoje.

Les dates

Ce dimanche 23 avril à 17 h à Sainte-Bazeille (47) ; 25 avril à 20 h au Grand Parc de Bordeaux ; 27 avril à 20 h 30 à l’Atabal de Biarritz (64), complet ; 28 avril à 20 h 30 à La Sirène de La Rochelle ; 5 août à 17 h au Reggae Sun Ska de Vertheuil (33). Tarif selon les salles : 20 à 30 euros.

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