Au Niger, la multinationale française Orano, anciennement Areva, a fermé sa première mine d’uranium après presque 50 ans d’exploitation. Les résidus radioactifs inquiètent les populations locales / Taïwan : la guerre déclenchée par Poutine en Ukraine a brutalement ravivé les craintes d’une invasion chinoise de la jeune démocratie taïwanaise.
Niger : les fantômes de l’uranium
Les premiers gisements d’uranium ont été découverts par l’ancienne puissance coloniale française à la fin des années 1960 dans le Sahara nigérien. Pour alimenter les centrales nucléaires européennes, l’entreprise Areva (devenue depuis Orano) crée à l’époque deux mines, la Somaïr et la Cominak. La région, qui ne comptait que quelques campements touaregs, se métamorphose : attirés par les sirènes de l’uranium, des dizaines de milliers de Nigériens affluent de tout le pays dans l’espoir de trouver un emploi. Accolées à chaque mine, deux villes sortent de terre, Arlit et Akokan. Après près d’un demi-siècle d’exploitation et une fois les ressources d’uranium épuisés, la multinationale décide de fermer la mine de la Cominak en 2021. Elle promet alors d’assurer la reconversion de ses 1.400 employés et de s’occuper des montagnes de déchets radioactifs issus du traitement de l’uranium. Deux ans plus tard, la ville d’Akokan, qui dépendait de l’activité de la mine, est laissée à l’abandon, des anciens mineurs sont toujours au chômage et les populations s’inquiètent des effets de la radioactivité sur leur santé. À quelques kilomètres de là, la cité d’Arlit et ses 140.000 habitants craignent de subir le même sort quand les filons d’uranium de l’autre mine d’Orano s’épuiseront. Alors que certains pays européens relancent leur filière nucléaire pour répondre à la crise énergétique actuelle, à l’autre bout du monde, les populations nigériennes subissent de plein fouet les conséquences de l’exploitation de l’uranium.
Taïwan : l’écho ukrainien
À Taïwan, l’invasion de l’Ukraine par Poutine a trouvé un écho intense. Les Taïwanais s’inquiètent d’y trouver un miroir de leur propre situation : une jeune démocratie menacée par un puissant voisin autoritaire, au nom d’une vision impériale de son passé. La guerre en Ukraine a surtout renforcé les rangs de ceux qui se disent prêts à défendre leur île. Les déboires de l’armée russe sont riches d’enseignements. De nombreux Taïwanais réalisent qu’un combat inégal n’est pas perdu d’avance. Inspirés par le succès de la résistance ukrainienne, ils en tirent les leçons. L’équipe d' »ARTE Reportage » a suivi des Taïwanais qui se forment aux bases de la défense civile, suivent un stage de guerre urbaine, ou, sur l’île taïwanaise de Matsu – très proche de la Chine -, repèrent les potentiels abris antiaériens.
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