Intelligence artificielle et création : quel avenir pour les auteurs?

L’idée derrière Coyote, le premier d’une série de trois tomes, a germé dans la tête de Patrice Cazeault pendant près de trois ans avant que le livre ne prenne forme. Cette réalité pourrait toutefois être chose du passé, ce qui déboussole l’auteur, un grand défenseur du livre québécois.

Si je suis assisté par une intelligence artificielle, j’estimerais que ça va me prendre moins d’un mois pour rédiger un livre de A à Z, mentionne-t-il. Il craint que des œuvres générées par l’intelligence artificielle inondent le marché. Ça peut aussi amener une perte de saveur, une perte de diversification, un espèce de cloisonnement aussi.

Il est déjà possible de se procurer en ligne une multitude d’œuvres écrites avec l’aide d’une forme d’intelligence artificielle. Cette nouvelle façon de créer chamboule les habitudes non seulement des auteurs mais aussi de certains lecteurs, en plus de faire réfléchir des libraires.

« La technologie va continuer d’avancer et ceux qui ne vont pas suivre cette vague-là risquent d’être largués derrière parce qu’il ne pourront pas suivre la cadence de production. »

— Une citation de  Patrice Cazeault, auteur

Je suis triste et déçu. Je pense que la littérature et les livres jeunesse, c’est de l’art, puis l’art, je pense que c’est une expression humaine, défend David Lessard-Gagnon, de la librairie Appalaches à Sherbrooke.

« J’ai annoncé à mes amis auteurs de bien choisir leur prochain projet, car je crois que ce seront les derniers livres que l’on va écrire d’un point de vue traditionnel », a lancé l’auteur Patrice Cazeault.

Photo : photo : Patrice Cazeault

Selon le spécialiste en éthique de l’intelligence artificielle Frédérick Bruneault, il est trop tôt pour statuer sur les conséquences de ce phénomène. Compte tenu du fonctionnement des systèmes d’intelligence artificielle, on est très loin de systèmes qui peuvent remplacer la cognition humaine.

Les experts comme les artistes espèrent que des balises législatives permettront de garder rapidement le contrôle sur ces technologies. Une partie de la réponse repose sûrement sur l’idée de former les citoyennes et les citoyens à ces questions-là, dans ces limites-là, mentionne M. Bruneault, professeur associé à l’École des médias de l’UQÀM.

Ça vient transformer le milieu littéraire. Est-ce que l’éditeur va se transformer en machine à idées? questionne Patrice Cazeault. Moi, je vois les possibilités, je vois les dangers, je vois les impacts. Après ça, il va rester à cadrer.

Si un jour ces œuvres se font un chemin jusque dans les librairies, il faudra voir si elles séduiront les lecteurs.

D’après le reportage de Pierrick Pichette

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