Le rapport de la rencontre semestrielle qui a eu lieu les 25, 26 et 27 avril 2023 concernant l’exercice de la profession du journalisme révèle que la pratique du métier de journaliste demeure difficile et risquée en Haïti. « Ainsi, à cause de la recrudescence de la violence dans le pays, cinq journalistes ont été assassinés, quatre autres ont été enlevés et un a été blessé », lit-on dans le rapport.
En effet, les chercheurs ont fait savoir que le climat d’insécurité en Haïti a conditionné l’exercice de la profession, éloignant les médias des enquêtes approfondies et appropriées en raison du phénomène d’autocensure.
Suivant ce rapport, l’insécurité publique a été dirigée contre des journalistes, comme Roberson Alphonse. Pour cause, le 25 octobre 2022, il a été blessé par balle alors qu’il se rendait à son émission de radio à la station de radio Magik 9 à Port-au-Prince, ont rappelé les investigateurs.
Aussi, « Le 30 octobre, le meurtre du journaliste Romelson Vilsaint est signalé devant la caserne Delmas 33. Il était allé avec d’autres collègues faire la médiation d’un autre journaliste, Robest Dimanche, de Radio Télé Zénith, qui avait auparavant été emprisonné et battu. Le 5 novembre, le journaliste Fritz Dorilas a été assassiné. Il a co-animé une émission du samedi sur Radio Megastar à Tabarre, au nord-est de Port-au-Prince », ont détaillé les responsables dans leur rapport tout en indiquant que le 18 décembre, le journaliste Francklin Tamar a été assassiné à Port-au-Prince. Cette victime des actes de violence dans le pays a dirigé les émissions « Kompa, Kompa » et « Sábado Cultural » sur Radio Solidarité.
« Le 10 février, l’UNESCO a publié le rapport : Étude sur le développement des médias en Haïti » sur les difficultés d’exercice du métier. Elle note que les attaques contre la presse sont fréquentes et que leurs auteurs sont rarement traduits en justice. De plus, « les travailleurs de la presse sont mal payés, même en travaillant bénévolement, ce qui en pousse beaucoup vers d’autres activités incompatibles avec le journalisme », rapportent les enquêteurs.
Parallèlement, ils ont fait remarquer que l’UNESCO a dénoncé également que les reporters couvrant les rassemblements politiques sont souvent agressés verbalement ou physiquement par des manifestants qui les associent à la partie adverse.
Parmi les journalistes victimes dans le cadre de leur fonction, Dumesky Kersaint de Radio Télé Inurep a été assassiné à Carrefour, au sud de Port-au-Prince, le 16 avril, tandis que le 25 avril, Ricot Jean, journaliste de Radio-Télé Évolution Inter à Saint-Marc, à 73 km au nord de Port-au-Prince, a été assassiné.
« Le 9 février 2023, le journaliste Jean Thony Lorthé, qui travaille pour Radio Vision 2000, a été enlevé à Port-au-Prince.
L’Association haïtienne des journalistes a exigé sa libération, déclarant que la famille de Lorthé ne pouvait pas payer de rançon. Il a été libéré le vendredi 17 février. Ses ravisseurs ont exigé 200 000 dollars pour sa libération », ont-ils relaté toujours en ce qui concerne le nombre de journalistes victimes des actes de banditisme en Haïti.
Vladimir Predvil
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