Le directeur du centre de réadaptation de Mulhouse rentre d’un voyage à l’hôpital de Panzi où il a rencontré le prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege, le gynécologue qui répare les femmes en République démocratique du Congo. Il a accompagné l’artiste engagée Grâce Dakpogan.
Tout a commencé par de la musique. Tom Cardoso, directeur du centre de réadaptation de Mulhouse a rencontré Grâce Dakpogan en 2021 lors d’un concert qu’elle donne pour lever des fonds pour le Dr Mukwege, lauréat en 2018 du prix Nobel de la paix.
Deux ans plus tard, les voilà partis pour Bukavu, le 1er mars 2023, pour visiter l’hôpital de Panzi. C’est là que le Dr Denis Mukwege opère les femmes victimes de viols, qui sont sauvagement mutilées ou blessées par leurs agresseurs.
Le chirurgien répare le corps de ces femmes, mais la fondation Panzi les accompagne pendant de longs mois, parce qu’elles sont souvent rejetées par leurs maris et leurs proches. Au viol s’ajoutent le déshonneur et le bannissement.
Tom Cardoso a été frappé de découvrir l’hôpital et la fondation Panzi, qui réparent les femmes médicalement, psychologiquement, mais aussi socialement et économiquement. « L’accompagnement est complet. Elles ont un suivi psychologique, et on les aide à se former pour qu’elles apprennent un métier, pour qu’elles deviennent autonomes et puissent nourrir leur famille. »
« Et puis le pilier juridique de la fondation les aide à poursuivre leurs bourreaux devant les tribunaux. C’est incroyable tout ce qui existe après la réparation chirurgicale ».
« La deuxième chose qui m’a bouleversé, ce sont les survivantes« , raconte Tom Cardoso. « Et comment Grâce arrive à rentrer en contact avec elles immédiatement, au-delà des mots. Il se passe quelque chose quand elle les rencontre. On les voit sourire, danser, chanter avec elle. Le docteur Mukwege a beaucoup d’estime pour Grâce et son travail« .
Grâce Dakpogan a toujours du mal à partir de Bukavu. « Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on ramène », explique l’artiste. « Mais c’est ce que nous donnent les survivantes, leur combat et leur force. C’est difficile à expliquer ici en Alsace, à chaque fois que je reviens.«
La troisième chose qui a marqué Tom Cardoso, c’est la résilience de ces femmes. « Elles ne se plaignent pas, elles sourient. Je suis revenu avec les sourires de ces femmes malgré l’énorme souffrance qu’elles traversent ».
Tom Cardoso voudrait aider l’hôpital de Panzi. Un conteneur de matériel médical, mais surtout bureautique va partir dans quelques semaines pour Bukavu. Et il souhaite nouer un partenariat avec le centre de réadaptation de Mulhouse, il va y réfléchir.
De son côté, Grâce Dakpogan continue de donner des concerts humanitaires en Alsace avec son association A l’air libre, pour rassembler des fonds. Elle va prochainement verser 15.000 dollars à la fondation. « Mais l’hôpital et la fondation ont un budget annuel de 15 millions de dollars par an, c’est colossal ! Ils manquent de tout, mais surtout de matériel médical. À l’hôpital de Mulamba, il n’y a pas d’eau courante pour opérer ! Rendez-vous compte. Et il n’y a pas d’ambulance ni de défibrillateurs. Il faudrait arriver à les aider pour ces besoins-là aussi. »
Les deux Alsaciens font ce qu’ils peuvent, à leur niveau, pour aider le Dr Denis Mukwege. Après avoir rencontré les survivantes, difficile de ne pas penser à elles et aux besoins des équipes de l’hôpital de Panzi.
Crédit: Lien source

/regions/2023/03/12/640e024ed2765_whatsapp-image-2023-03-12-at-16-59-25.jpeg)

Les commentaires sont fermés.