La question nous tarabuste depuis mardi soir et l’annonce par le PSG de la suspension de Leo Messi. Pourquoi l’issue de cette rocambolesque affaire et cette lourde punition nous laissent un goût étrange ? Pourquoi ne sommes-nous pas tout à fait à l’aise avec le sort réservé à l’Argentin ?
Qu’on s’entende bien : aucun souci avec le principe que le petit génie de Rosario, parti sans autorisation faire la promo d’un État peu recommandable pour quelques millions de dollars, soit réprimandé. Qu’on ne s’y trompe pas : après avoir longtemps reproché au PSG son manque de fermeté avec ses stars, on ne va pas se dédire ici. N’empêche, un truc nous dérange…
Peut-être ces doutes, d’abord. Le club aurait-il agi différemment s’il ne voulait pas se débarrasser du champion du monde ? N’est-ce pas un peu facile de s’acheter une conduite et le début d’une réputation avec ce soudain accès de poigne à l’encontre d’un joueur sur le départ, quand tant d’autres entorses au règlement et à la vie de groupe et d’athlètes de haut niveau sont tolérées depuis des années ?
Voilà le problème. Stigmatisé pour tout offrir et tout permettre à ses stars, moqué pour n’être qu’une constellation d’étoiles surpayées et trop rarement une équipe (qui s’appuie sur un projet) et un club (qui se structure autour d’une culture), le PSG tape pour la première fois aussi fort du poing sur la table. Et ça tombe à côté. Parce que c’est de l’autoritarisme quand il faudrait de l’autorité.
L’autoritarisme manque de discernement, de mesure et d’à-propos et ressemble à l’arme de dirigeants en difficulté, habités par l’urgence de sauver les meubles et leur situation. L’autorité, elle, renvoie à un management sur la durée, à une certaine forme de morale. Elle s’inscrit dans une stratégie et un cadre, et vient punir (ou exclure) ceux qui ne les respectent pas. Elle ne se discute pas (ou peu) quand l’autoritarisme se combat.
On en revient toujours à ce constat qu’il manque au PSG d’être… un club, un vrai, traversé par des valeurs communes et une histoire. S’il l’était, cette affaire Messi aurait été réglée différemment. Plus dignement. Car même après deux ans de rendez-vous globalement manqués au PSG, le meilleur joueur de tous les temps aurait mérité une autre sortie. Sur le terrain et en coulisses, il serait temps que Paris grandisse. Et vite !
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