Une nouvelle coalition d’organisations industrielles lancée jeudi (4 mai) cherche à promouvoir les technologies de stockage de l’énergie durable qui favoriseront la résilience du réseau électrique et le développement des énergies renouvelables.
L’Energy Storage Coalition, composée de quatre organisations — SolarPower Europe, l’Association européenne pour le stockage de l’énergie, WindEurope et Breakthrough Energy — a pour objectif de façonner l’avenir de la politique de l’UE en matière de stockage.
Alors que l’Europe cherche à décarboner son système électrique, les technologies de stockage de l’énergie, telles que l’hydroélectricité par pompage, les batteries et l’hydrogène, deviendront de plus en plus cruciales. En effet, elles permettent de stocker l’énergie éolienne et solaire excédentaire et de la restituer lorsque la production ne peut pas répondre à la demande.
« Le stockage de l’énergie est essentiel à la mise en place d’un système énergétique à l’épreuve du temps, résilient et décarboné », a déclaré la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, lors du lancement de l’initiative.
« Pendant de nombreuses années, le stockage de l’énergie est resté à l’arrière-plan du secteur de l’électricité, mais le fait est que le stockage de l’énergie et les services de flexibilité constituent un secteur autonome qui transformera notre système énergétique », a-t-elle poursuivi.
« Un système énergétique alimenté par des énergies renouvelables ne peut être mis en place avec succès que s’il s’accompagne de solutions de flexibilité », a également souligné Mme Simson.
Le stockage de l’énergie sous les feux de la rampe
Le stockage de l’énergie a récemment fait l’objet d’une attention particulière, car l’Europe cherche à décarboner ses activités et à s’appuyer davantage sur des approvisionnements intérieurs. Cette volonté se traduit par une diminution du nombre de générateurs d’électricité disponibles, tels que les centrales au charbon et au gaz fossile.
« L’hiver dernier, les énergies renouvelables de l’UE ont permis de produire plus d’électricité que les combustibles fossiles. Il est clair que l’énergie solaire et les énergies renouvelables peuvent alimenter l’Europe en toutes saisons », a déclaré Walburga Hemetsberger, PDG de SolarPower Europe.
« Nous avons besoin d’une infrastructure énergétique solide pour faire des énergies renouvelables une norme tout au long de l’année. Il faut donc prendre le stockage de l’énergie au sérieux et préparer le réseau », a-t-elle ajouté.
Le stockage de l’énergie peut également contribuer à atténuer les contraintes et minimiser les coûts d’extension du réseau, a indiqué Patrick Clerens, secrétaire général de l’Association européenne pour le stockage de l’énergie.
La Commission estime que le besoin de flexibilité du système électrique européen pourrait être équivalent à 30 % de la demande totale d’électricité d’ici à 2050. Une nécessité « pour contribuer à augmenter la capacité des parcs éoliens qui peuvent se connecter aux réseaux, en particulier à leurs points les plus faibles », a déclaré Giles Dickson, directeur général de WindEurope.
Cette année, l’UE a déjà pris des mesures pour promouvoir ces technologies. Les batteries et le stockage sont par exemple considérés comme des « technologies stratégiques » dans le règlement européen pour une industrie à zéro émission nette récemment proposé, ce qui permet de débloquer des soutiens réglementaires et financiers supplémentaires.
La réforme du marché de l’électricité de la Commission oblige également les États membres de l’UE à évaluer leurs besoins en matière de flexibilité et à établir des objectifs indicatifs pour les technologies, en particulier celles qui ne requièrent pas de combustibles fossiles.
Parallèlement, la réforme introduit davantage de moyens de soutenir le stockage grâce à des mécanismes de capacité qui garantissent des revenus aux fournisseurs d’électricité de secours et à des mesures visant à lever les obstacles réglementaires auxquels sont confrontés les projets de stockage, notamment la double imposition et les problèmes d’autorisation.
Le Parlement européen débat actuellement de cette réforme. Deux des députés européens en charge du dossier ont assisté à l’évènement de lancement et se sont ensuite entretenus avec EURACTIV pour évoquer l’importance du stockage.
« Le stockage de l’énergie constitue souvent le trésor oublié. Dans la réforme actuelle du marché de l’électricité, nous avons une grande possibilité de libérer le potentiel du stockage de l’énergie dans le système énergétique européen », a affirmé Emma Wiesner, qui négocie pour le groupe du centre, Renew Europe.
Toutefois, pour y parvenir, l’industrie a besoin de faibles risques techniques, financiers et politiques, a-t-elle indiqué à EURACTIV.
« La technologie et les investissements sont là. Maintenant, l’industrie attend une certitude politique et des perspectives à long terme », a déclaré Mme Wiesner. Elle a ajouté qu’elle donnerait notamment la priorité aux perspectives à long terme pour les mécanismes de capacité et les évaluations de la flexibilité et de la capacité du réseau.
Par ailleurs, Niels Fuglsang, qui négocie le règlement pour les Socialistes et Démocrates, a expliqué à EURACTIV : « [n]ous avons besoin de toute urgence d’une plus grande capacité de stockage dans le système européen afin que celui-ci soit prêt à faire face à la grande quantité d’énergies renouvelables que nous prévoyons ».
Pour ce faire, la réforme du marché doit récompenser les clients qui ajoutent de la flexibilité au réseau au moyen de batteries ou de chauffages urbains, par exemple, grâce à des incitations adéquates et en évitant que des doubles prélèvements n’entravent le stockage, a-t-il expliqué.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]
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