Baba Commandant ou le succès de l’afrobeat mandingue

Comment un joueur de ngoni, guitare traditionnelle des chasseurs dozos, devient-il l’un des porte-voix de l’Afrobeat ? Comme souvent, la réponse est à chercher dans les hasards de la vie. Il y a près de 40 ans, Mamadou Sanou devenu depuis Baba Commandant, alors âgé de 8 ans, a eu la bonne idée de fouiller les bacs à vinyles d’un commerçant de Bobodioulasso. 

« Il y avait un commerçant qui allait au Ghana et qui en rapportait des disques vinyles. J’ai vu une pochette où Fela était en slip, entouré de nanas… et ça a fait tilt. Quand j’ai commencé à m’installer pour faire de la musique avec mes camarades, j’ai voulu faire une sorte de fusion afrobeat-mandingue. »

L’afrobeat mandingue ou l’impossible fusion d’une musique louangeuse de cour et d’une transe rebelle et survoltée. D’ailleurs, la musique de Baba commandant est davantage est hommage au maitre Fela Kuti qu’une fusion à proprement parler. 

« Au début c’était un peu compliqué, personne ne comprenait. Mais aujourd’hui, je pense qu’il y a beaucoup de Burkinabés qui commence à comprendre la fusion de Baba Commandant, afrobeat. »

Loin de l’afrobeat mâtiné de pop qui valent aux star nigérianes un succès mondial actuellement, Baba Commandant prône un retour aux sources musicales, cuivre et guitares électriques en tête. Seul bémol, le message politique est loin de la révolte antimilitariste de Fela Kuti. Mais il se veut social et axé sur le vivre-ensemble. Sans doute est-ce là, une trace de la célèbre politesse des griots mandingues.

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