Le flux migratoire haïtien vers l’extérieur se renforce, selon le bilan mensuel du Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés haïtiens qui montre que 31 810 Haïtiens, dont des femmes enceintes, des enfants et des mineurs non accompagnés ont été refoulés de la République dominicaine, pour le mois d’avril. Ce rapport fait, également mention de 219 d’Haïtiens interceptés à bord d’un bateau par les garde-côtes américains, qui sont eux aussi déportés.
Pour échapper à l’ensemble des troubles du pays, les citoyens haïtiens continuent d’émigrer par tous les moyens. Leur seule préoccupation est de fuir les conditions de vie inhumaines en Haïti, depuis un certain temps.
Les migrants haïtiens en situation irrégulière se font quotidiennement expulsés et certaines fois de manière brutale. Depuis quelque temps, les autorités de la République dominicaine ont lancé une campagne de rapatriement des migrants haïtiens illégaux. Le Groupe d’appui aux rapatriés et aux réfugiés affirme qu’il reçoit des milliers de cas de rapatriement dans les points frontaliers officiels et non officiels.
Selon le rapport du mois d’avril, le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés a enregistré 31 810 cas d’expulsion, dont 15 973 personnes rapatriées, 11 412 retours spontanés, 4 425 refoulées. Parmi ces cas d’expulsion figurent 27 474 hommes, 9 235 femmes, 1 625 fillettes, 2 376 garçonnets, 722 mineurs non accompagnés et 221 femmes enceintes.
L’organisme de défense des droits humains critique cette vague de refoulements, qui, une fois plus, ne tient pas compte de l’entente établie entre les deux pays. Les droits des migrants sont violés et des familles se sont séparées. « La déportation continue de se faire dans la violation de tous les principes relatifs au respect des droits humains, certaines femmes sont violées, des mineurs sont séparés de leurs parents et les responsables dominicains continuent de déchirer les documents d’identité des migrants », a indiqué Sam Guillaume, responsable de communication de GAAR.
De plus, il estime que les hommes qui sont déportés et qui sont privés de leurs pièces d’identité parce que les autorités dominicaines les ont confisquées ou déchirées sont sujets à être des victimes du mouvement populaire qui consiste à traquer les bandits. En ce sens, il demande au gouvernement haïtien de protéger ces rapatriés et appelle au soutien de l’État dominicain pour surseoir sur les refoulements en raison de la situation que font face les membres de la population.
Suivant cette structure, ce mois d’avril est marqué par l’interception de 219 migrants haïtiens, le 6 avril à bord d’un bateau par les garde-côtes américains qui les ont confiées aux autorités bahaméennes et qui les ont refoulés en Haïti. Les garde-côtes américains indiquent avoir intercepté 3 200 migrants pour les mois de janvier et de février, précise-t-elle.
« D’après l’OIM, 36 000 migrants ont été expulsés de force vers Haïti pour le premier trimestre de l’année et 90 % de ces activités de déportations sont réalisées par la République dominicaine », a-t-on lu dans ce rapport. Le 28 avril, les 18 experts indépendants nommés par le conseil des droits de l’homme de l’ONU ont exhorté les pays de l’Amérique à surseoir le processus de rapatriements forcés vers Haïti en raison de la situation humanitaire qui prévaut dans le pays et invitent les pays de la région de mieux traiter et protéger les migrants haïtiens.
Ainsi, l’organisation de défense des droits humains déplore la persistance de la crise, ce qui contraint les Haïtiens à s’installer en terre voisine. Elle tire, une fois de plus, la sonnette d’alarme pour attirer l’attention du gouvernement afin de faire respecter le droit des Haïtiens en terre voisine, mais aussi de créer un climat de paix et sérénité qui donnera envie aux citoyens haïtiens de rester vivre dans son pays.
Sheelove Semexant
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