Côte d’Ivoire : Quand Affi porte un coup de griffe à la politique de Ouattara (Générations Nouvelles)

Le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan

Justifiant mardi dernier son ‘’mariage’’ avec le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’Guessan a mis en avant le fait que le processus de réconciliation est loin d’être une réussite. Un discours aux antipodes de ce que le pouvoir a toujours voulu faire croire.

Dans l’euphorie, on peut souvent se permettre beaucoup de choses. Et c’est ce qu’a compris et fait Pascal Affi N’Guessan, mardi dernier. A l’occasion de la signature de l’’’accord de partenariat’’ qui lie désormais son parti, le Front populaire ivoirien (FPI) au Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo, a eu droit à la parole.

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Dans son discours, centré justement sur ‘’la réconciliation nationale, la cohésion sociale et la démocratie’’, Pascal Affi N’Guessan, en faisant l’état des lieux du processus de réconciliation, a appuyé un peu là où ça pourrait faire mal au régime d’Alassane Ouattara. Car, alors que le pouvoir a jusque-là laissé entendre que la réconciliation est sur les bons rails, l’ancien Premier ministre, a estimé, comme le pense d’ailleurs la plupart des Ivoiriens, que beaucoup reste encore à faire en matière de réconciliation.

LES VERITES DU NOUVEL ‘’ALLIE’’

« Pourquoi nous engager aujourd’hui sur ces questions alors que la Côte d’Ivoire est apparemment en paix ? Souvent les apparences sont trompeuses et il faut toujours aller au-delà des apparences. En effet, à travers les situations judiciaires liées aux crises passées, dans les discours et les postures politiques, nous notons tous que les plaies ne sont pas toutes cicatrisées, parce-que nous n’avons pas su aller au bout d’un processus de réconciliation sincère. »

« Cette réalité, nous la percevons chaque jour dans les tensions relationnelles entre citoyens ne partageant pas les mêmes convictions politiques ou religieuses, dans la méfiance à l’égard des institutions de notre République. Cette réalité s’est invitée dans le dialogue politique entre le gouvernement et l’opposition. Elle justifie la création par le chef de l’Etat du ministère chargé de la Réconciliation nationale et de la cohésion sociale », a argué le président du conseil régional du Moronou, candidat déclaré à sa propre succession, à la faveur des élections régionales du 2 septembre prochain.

Un message de vérité, qui s’adresse à la l’ensemble de la classe politique mais davantage au pouvoir qui a bien souvent fait le dos rond à propos du processus de réconciliation. « Certes, la Côte d’Ivoire ne brûle pas, mais les braises ne sont pas éteintes. Et tant qu’il reste une braise, chacun le sait, le feu peut repartir si certains soufflent habilement. La réconciliation doit permettre de se faire à nouveau confiance. Cela reste à ce jour un défi pour la Côte d’Ivoire.

De la méfiance à la haine il n’y a qu’un pas, et on le franchit facilement et pour certains allégrement. L’enjeu est immense. Aujourd’hui, notre pays fait face à des défis fondamentaux. Il ne peut pas s’offrir le luxe d’une nouvelle crise. Notre réconciliation est pour lui la meilleure des protections. Plus unis, nous serons plus forts. Il est vrai que pendant les moments de crises et d’affrontements, de part et d’autre, des agressions ont été commises et subies, des injures et des insanités ont été proférées », a ajouté Affi N’Guessan.

EN ATTENDANT QUE LE RHDP PRENNE LA BONNE MESURE

« Nous devons être capables de dépassement, pour regarder l’essentiel. Et l’essentiel, c’est la Côte d’Ivoire, notre pays. Nous devons apprendre à faire de la politique autrement. La réconciliation est évidemment indissociable de la cohésion sociale. Pour être fortes et durables, la réconciliation nationale et la cohésion sociale doivent être fondées sur la démocratie. Il s’agit du respect des libertés fondamentales et des droits de l’homme, de l’impartialité de l’Etat, de la bonne gouvernance des affaires publiques, de l’égalité des citoyens en droits et en devoirs.

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Affermir la démocratie relève évidemment d’abord de ceux qui ont en charge le pouvoir d’Etat. Il s’agit de problèmes que nous n’avons pas totalement réglés, malgré des avancées certaines, à travers le dialogue politique et certaines initiatives du gouvernement », a insisté le député de Bongouanou. Il reste à espérer que le discours de l’ancien Premier ministre ne soit pas tombé dans des oreilles de sourdes.

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