Final Four de l’Euroligue, demi-finale Olympiakos – Monaco : des retrouvailles en pagaille en guise de grande première
26 ans que le basket français se languissait d’un tel rendez-vous. Et il y a le droit grâce à un drôle de bizuth. Le Final Four de l’Euroligue et les cintres de la Zalgirio Arena de Kaunas verront flotter le drapeau bleu-blanc-rouge grâce à Monaco. Un comble sur le papier, mais une récompense justifiée pour le projet monégasque. Par ses fonds quasi sans limites et le très bon travail de sa direction, la Roca Team s’est hissée dans le Top 4 de l’Euroligue dès sa deuxième participation. Habituée à monter les étages quatre à quatre, la formation de la Principauté veut désormais rêver d’une finale contre le vainqueur du choc espagnol Real – Barça. Il faudra pour cela écarter l’Olympiakos, un adversaire lui aussi bien spécial, surtout pour l’ASM.
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Faire vibrer le Rocher, l’autre défi réussi par la Roca Team
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La formation du Pirée avait été le bourreau monégasque en 2022, quand le parcours déjà retentissant des hommes de l’entraîneur Sasa Obradovic s’était arrêté dans le money-time du match 5 des quarts de finale. Les joueurs du Rocher n’ont rien oublié du brasier hellène, de la frustration de voir un rêve presque trop beau échouer pour si peu. Et de cette leçon reçue par un géant d’Europe à celui qui voulait si vite s’inviter à la table des grands. Cette fois, Monaco y aura le droit au chapitre. Dans un rôle de « Petit Poucet » certes, mais pas dans celui du figurant déjà content d’avoir pu en être.
2-0 cette saison pour Monaco
La Roca Team connaît bien sa méthode, et pour cause. Cette demi-finale sera le dixième affrontement face à l’équipe grecque en deux saisons. Avantage Monaco, vainqueur à cinq reprises. Et si l’Olympiakos part favori sur le papier après avoir terminé la saison régulière en tête de l’Euroligue, il s’était cassé les dents à deux reprises contre la bande de Yakuba Ouattara. Vainqueur de cinq points à l’extérieur, les Monégasques avaient totalement mis hors d’état de nuire l’attaque du Pirée dans son antre de Gaston-Médecin (64-60). « Les deux matchs de saison régulière contre l’Olympiakos étaient très intenses donc je pense qu’il y aura un niveau d’intensité comparable voire supérieur » avance Elie Okobo.
Monaco n’en est plus à une bataille près. Sa victoire dans le match 5 des quarts de finale au bout du suspense contre le Maccabi Tel-Aviv a prouvé que cette équipe avait grandi et franchi un nouveau cap. Ce, malgré un déficit logique d’expérience à ce niveau. Seul sa star Mike James a déjà le vécu d’un Final Four. Et il n’en garde pas le meilleur souvenir de sa carrière, quand en 2016, sa formation de Vitoria avait dilapidé son avance en demi-finale avant d’être dominée en prolongation par Fenerbahçe. Un mauvais présage alors ? Non, juste un stigmate de très haut niveau européen. L’Olympiakos avait été lui aussi crucifié en demi-finale la saison passée par un tir primé de Vasilije Micic et l’Anadolou Efes, futurs vainqueurs de la compétition.
La formation grecque veut vite oublier ce mauvais souvenir, et son MVP de la saison, l’ailier-fort Sacha Vezenkov (27 ans, 2,06m, meilleur marqueur de la compétition avec 17,2 unités), peut-être encore plus que les autres. C’est sur sa truffe que Micic avait scellé la rencontre, à côté de laquelle il était aussi passé offensivement (5 points à 2/10 au tir). Le Bulgare sera forcément revanchard, et un des principaux dangers pour l’entraîneur Sasa Obradovic.
Sacha Vezenkov (Olympiakos) pris en tenaille par Elie Okobo et Domantas Motiejunas (Monaco) dans le victoire de la Roca Team en Euroligue le 10 janvier 2023
Crédit: Getty Images
L’autre duel intérieur entre le géant français de l’Olympiakos Moustapha Fall (passé par Monaco en 2e division en 2015) et le Lituanien Domantas Motiejunas risque de valoir cher sur le parquet… comme en tribunes. Natif et formé à Kaunas, l’ancien joueur NBA devrait offrir un supplément de soutien non négligeable à la Roca Team face aux 3 500 supporters grecs annoncés en Lituanie.
Ne pas avoir la faveur des pronostics, rien de nouveau pour Monaco. Rien d’insurmontable non plus. « Nous jouons contre une équipe avec une telle histoire, le meilleur entraîneur d’Europe et tellement d’expérience, résume Sasa Obradovic. Mais c’est différent au Final Four. Nous sommes les outsiders, mais nous nous battrons jusqu’au bout.«
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