Son nouveau roman présenté à Saint-Malo : quand Douglas Kennedy « fiche la trouille » 

Voir mon actu
L’écrivain américain Douglas Kennedy ici lors d’un grand entretien mené par Jean-Luc Hees, dimanche 28 mai 2023, au festival Étonnants Voyageurs à Saint-Malo.  ©Le Pays Malouin / B.R. 

« Vous m’avez fichu la trouille ! », lance le journaliste Jean-Luc Hees à l’adresse de Douglas Kennedy, écrivain américain qui dévoilait en exclusivité à Saint-Malo son dernier roman, Et c’est ainsi que nous vivrons (éd. Belfond). Si ce livre « fait froid dans le dos », c’est parce que l’Amérique divisée qu’il y imagine est « crédible ».

« C’est ce que je me répétais pendant toute l’écriture, confirme l’intéressé. Reste crédible, Kennedy ! » 

Dans ce futur qu’on n’espère pas prophétique, il faut choisir « entre la peste et le choléra » : d’un côté, une République laïque et progressiste, mais où les citoyens sont surveillés étroitement et en continu ; de l’autre, dans le Sud et le Midwest des États-Unis, une Confédération théocratique, conservatrice, où les rebelles vont au bûcher…

« Ce roman, c’est notre cauchemar à tous. Mais il n’y a pas de leçons derrière. Seulement deux mots : faites attention ! »

« Être accessible, ce n’est pas un péché mortel »

Douglas Kennedy, qui a connu un succès plutôt tardif, aborde ici un genre littéraire qu’il n’avait pas encore exploré. « J’écris beaucoup, tout le temps, 500 mots par jour. Mais aucun de mes romans ne ressemble à un autre. Chaque livre est un défi. » Une chose est sûre : ils sont tous « accessibles » et « ce n’est pas un péché mortel » :

« J’aime savoir que des universitaires me lisent, mais aussi ma concierge à Paris. » 

Face au public fourni de La Grande Passerelle, dont des fans qui avaient fait le déplacement à Saint-Malo exprès pour le voir, Douglas Kennedy ne livre pas de ‘recettes’ toutes faites :

« Somerset Maugham disait : ‘Il y a trois règles pour écrire un roman. Malheureusement, personne ne sait ce qu’elles sont.’ Je suis d’accord avec ça. Pour ma part, je ne fais jamais de plan et je n’ai aucune idée de la fin du roman. J’ai le dilemme central et quelques idées, le reste vient pendant l’écriture. Des personnages importants arrivent parfois en cours de route. » 

Wokisme

S’il parle très bien le français, le romancier se garde bien de commenter la politique hexagonale. Mais l’avancée des positions conservatistes et le trumpisme dans son propre pays lui fait peur ; le wokisme, quand il conduit à réécrire les livres du passé pour en effacer les discriminations, aussi :

Vidéos : en ce moment sur Actu

« Continuer avec ça, c’est faire un cadeau à l’extrême droite. Il va y avoir un retour de bâton. »

D’ailleurs, dans la Confédération qu’il dépeint, la fin des œuvres de Shakespeare est réécrite…

Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.


Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.