grève illimitée du personnel temporaire alors que le choléra a déjà fait 426 morts (Reportage)

AA/Yaoundé/Armand Arou

Au Cameroun, les personnels de santé temporaires viennent d’entamer leur deuxième semaine de grève.

Ils revendiquent leur contractualisation comme constaté sur place au Centre des urgences de Yaoundé (Cury), par Anadolu.

« Nous sommes en grève parceque nous revendiquons la contractualisation qui nous a été promise par le gouvernement depuis l’ouverture du Centre des urgences de Yaoundé [Cury, Ndlr] en juin 2015 », déclare à Anadolu Omboui Stéphane porte-parole des grévistes et délégué du personnel au Cury.

« À l’ouverture du Cury,le gouvernement avait demandé au directeur de recruter le personnel qui allait être contractualisé progressivement. Nous sommes aujourd’hui à la neuvième année sans suite. Une dizaine de collègues sont décédés après avoir été contaminés par les malades parce que nous travaillons dans un cadre où nous sommes exposés, mais, c’est sans sécurité sociale », ajoute notre interlocuteur.

Selon le porte-parole des personnels du Cury, la grève concerne 27 000 personnels temporaires de santé sur l’ensemble du pays soit près de 60 % des effectifs.

« La grève paralyse le fonctionnement de nombreux hôpitaux comme le Cury, nous en sommes conscients. Voilà pourquoi dans l’après midi on lève le piquet pour reprendre le service », poursuit Stéphane.

Les négociations entamées avec le gouvernement le 30 mai dernier n’ont pas mis fin au mouvement de grève
« Nous allons la poursuivre jusqu’à satisfaction de nos revendications », fait savoir Roland Brice Nga délégué du personnel au Cury.

 » Depuis l’ouverture du Cury en juin 2015, nous n’avons pas un salaire puisque nous ne sommes pas reconnus par l’État. Le directeur nous donne une motivation. Nous n’avons aucune sécurité sociale », ajoute-t-il.

À côté, son collègue Akoumou Zibi Parfait Roger demande leur contractualisation.

« Nous réclamons notre contractualisation et notre reversement à la Caisse nationale de prévoyance sociale [Cnps/sécu Ndlr]. Ça fait 9 ans que le gouvernement nous l’a promis. Le 18 décembre 2018, l’ancien ministre de la santé publique nous avait dit que nos dossiers sont déjà à la présidence mais, aujourd’hui, on nous demande encore de nous faire identifier. Certains nouveaux qui sont arrivés après nous, ont déjà des contrats de travail, on ne sait pas comment ils ont fait », martèle-t-il.

La grève des personnels de santé s’est généralisée.

Elle touche désormais Douala dans la région du littoral.

À Okola, une localité de la région du Centre, le directeur de l’hôpital public a servi des demandes d’explication aux grévistes rapportent des médias locaux.

La situation des grévistes est précaire. Certains risquent le licenciement à tout moment comme leurs anciens collègues.

« Nous avons été purement et simplement licenciés sans ménagement. En 2020, j’ai été déployée par le Cury pour un autre lieu dans le cadre de la lutte contre le COVID-19 mais, à mon retour nos noms ont été rayés des listes. Le directeur nous reproche de revendiquer nos droits », explique Madame Pep.

-Impasse

Les négociations entre syndicats et gouvernement sont dans l’impasse. Le gouvernement à travers le ministre de la santé publique a dit avoir pris acte des revendications des grévistes et leur demande de reprendre le travail.

Les grévistes ont rejeté la demande du ministre de la santé publique de reprendre le travail.

Le directeur des ressources humaines du ministère de la santé publique qu’Anadolu a rencontré, a refusé de s’exprimer sur le sujet.

Il est à noter que la grève des personnels de santé se poursuit alors que le choléra sévit sur l’ensemble du pays.

Dans un rapport rendu public ce jeudi et consulté par Anadolu, on apprend que l’épidémie de choléra touche 8 régions sur les 10 que compte le Cameroun et a déjà fait 426 décès.



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