Trace TV, vingt ans de musiques urbaines

TRACE URBAN – VENDREDI 2 JUIN – 19 H – MUSIQUE

Ce n’est pas « la petite chaîne qui monte », comme le clamait dans les années 1990 M6, la première chaîne française qui comptait 30 % de programmation musicale, mais la petite chaîne qui s’est étendue sur toute la France et le monde. Dans les banlieues et les campagnes, sur le continent africain, francophone et anglophone, dans les Caraïbes puis en Amérique et en Asie.

Créée en 2003 par l’entrepreneur martiniquais Olivier Laouchez, Trace TV se veut tout d’abord une solution de diffusion pour les artistes de hip-hop d’ici, qui se sentent sous-représentés dans les médias hexagonaux. La chaîne, qui a bataillé pendant quatre ans pour trouver des financements, diffuse son premier programme le 27 avril 2003 et va, à partir de là, accompagner l’explosion de ce qu’on appelle aujourd’hui les musiques urbaines : le rap français et américain, le grime, le R’n’B, le dancehall, le reggaeton, le nu zouk, l’afrobeat et toutes les variantes des musiques afrodescendantes.

« Success story »

Vingt ans plus tard, Trace, ce sont vingt-neuf chaînes thématiques diffusées dans 190 pays et qui touchent 350 millions de spectateurs. Une success story que la chaîne célèbre modestement en proposant sur son antenne une compilation des vingt-cinq clips les plus diffusés chaque année depuis sa création. Pendant vingt semaines, le spectateur peut ainsi voir l’évolution de ces musiques et de leurs normes esthétiques.

Dans les années 2000, les jeunes femmes sont encore filiformes, correspondant aux standards des créateurs de la haute couture. En 2020, elles affichent fièrement leurs formes généreuses. Chaque année voit l’apparition de nouveaux genres comme le reggaeton, mélange de musique jamaïcaine et de rythmes latinos, avec Gasolina, du Portoricain Daddy Yankee en 2005 ; le crunk’n’b, soit le style inventé par le DJ d’Atlanta Lil Jon, mixé avec le R’n’B de la chanteuse Ciara pour Goodies en 2004 ou du chanteur Usher avec Yeah !

Bien implantés à Londres grâce à la version papier glacé du magazine Trace, créé en 1997, les spectateurs francophones peuvent découvrir une version plus dure et « sale » du rap anglais, le grime, représenté par Kano, comédien aujourd’hui de la série télé Top Boy, diffusée sur Netflix.

La chaîne Trace Urban, qui était diffusée en boucle dans les MJC de banlieue comme dans les petits restaurants dakarois ou les bars de plage aux Antilles, a permis le succès des zoukeuses comme Lynnsha, absente des écrans depuis, ou le premier gros succès du Marseillais Soprano, A la bien. Les années 2000 sont aussi la consécration d’artistes qui sont aujourd’hui devenus des incontournables de la culture populaire : Pharrell Williams, omniprésent avec son équipe de producteurs, The Neptunes ; les chanteuses Beyoncé et Rihanna, devenues depuis d’immenses stars.

Trace fête son 20e anniversaire avec les 25 hits les plus diffusés chaque année. Tous les vendredis à 19 heures sur Trace Urban (rediffusion samedi 21 heures, dimanche 17 heures).

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